Einstein, le sexe et moi

• Le mood :

Un livre plein d’humour, de résilience, d’une sincérité sans filtre, de rebondissements, d’auto-dérision. Ah et aussi, vous en ressortirez plus cultivé 😉
Bref j’ai rejoint le fan club d’Olivier Liron, je plaide coupable 🙂


• L’histoire :

Olivier est autiste Asperger.
Non pas une maladie. Mais une différence.
Qui lui a volé un bon morceau d’enfance.

Olivier aime les lasagnes.
Trempe ses madeleines dans du coca.
Met toujours le même fromage dans son croque-monsieur.
Est fasciné par les dates.
Ne sait pas quand prendre la parole au téléphone.
Fait des calculs digne d’un ingénieur astrophysicien.
Ne comprend pas le sarcasme ou l’ironie.
À ces lignes, j’étais déjà conquise.

Son roman est un savant mélange de thriller humoristique dans lequel il raconte sa participation à l’émission Questions pour un Champion.
Grand virage dans sa vie.

Son arrivée sur le plateau me fait rire aux éclats.
La chemise rouge maculée de sueur.
L’assistante-plateau et son sèche-cheveux.
Marie-Victoire en Sainte Vierge qui lui propose une chemise sèche mais verte,
Qu’il se voit alors obligé de refuser.

Il est comme ça Olivier.
Un peu superstitieux.
Mais surtout rebelle et j’adore !
Petit, il faisait caca sur ses livrets d’écolier qu’il déposait sur la voie ferrée.
Un beau pied de nez à l’école et ceux qui ne l’ont jamais protégé.

Il connaît chaque nom de code de ses adversaires.
Des tueurs.
Il va leur exploser la gueule.

« La vie est une histoire pleine de cruauté, de bruit et de fureur et elle est racontée par Julien Lepers. »

Son but ? Affronter Michel en finale.
Un monstre du jeu.
Il sait les monstres Olivier.
Il sait la violence et ses cauchemars.

Né d’une maman exilée du coeur,
Il connaît la guerre. Le bagne.
Le collège de son petit village.
La méchanceté dont rien ne protège.
L’enfant traqué.
La pulsion sauvage de tuer l’autre pour survivre.

« Mon bagne à moi, c’est le collège républicain d’un petit village de province. À ceci près qu’Anton Tchekhov est un écrivain de génie, j’ai fait la même expérience : le déclenchement de l’écriture est lié à la sensation intime de l’horreur. »

La mémoire de cette différence inscrite dans la chair.

« J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence, ça s’inscrit aussi dans le corps.
J’ai dans mes tripes la mémoire de la différence qu’on m’a apprise, qu’on a tatouée dans ma chair. »

Caroline perd la seconde manche.
S’étouffe. S’étrangle. Pleure à gros bouillon.
Ces petits tressauts des gagnants-perdants sont drôles et touchants.

« Elle a joint ses mains comme un potiron apocalyptique. »

Puis les souvenirs.

« J’étais exclu économiquement, culturellement et sexuellement des villas secondaires à Cannes, de la philosophie Deleuze et de la chatte de bourgeoise. »

Tomber amoureux.
Avoir envie de tout dire.
Son mal. Son monstre intérieur.
Tapi et violent.
Son rejet du corps.
Sa honte de ne pas savoir.
Ce monde fou. Si fou.
Mais cette envie mordante d’en faire partie enfin.
D’être et d’exister. Entier.
Être soi, le découvrir. S’aimer.
Comment se donner à l’autre quand le corps a été si seul ?

Alors apprendre.
Remplir le cerveau du vide qu’a laissé le manque d’amour.
Quand la compétition s’impose comme une nécessité à vivre.

Être enfermé en soi, dans sa propre forteresse.
Prisonnier de soi.
Ne pas exister.
Vouloir voler.
Puiser la vie dans le pouvoir érotique de la poésie.
Survivre. Se sauver par la beauté des mots.
L’art. Vivre.
Danser pour devenir la plus belle des « merduses » et embrasser le monde dans une pleine liberté.

Un grand merci à Antoine (le meilleur de tous les libraires) de la Librairie Michel Fontainebleau de m’avoir offert ce très beau roman ❤


• L’Extrait :

« Et aussi que mon amour pour la poésie, c’est contre ça, contre le désespoir, contre la solitude et vers la joie, et toujours vers le corps, trouver un corps par les mots. »


• Mon avis :

Un superbe livre que je ne peux que recommander !
Qui m’a tout autant fait rire qu’empoigné le coeur.
Olivier a ce talent de dire, de décrire la violence sans jamais tomber dans le pathos.
Il cache, sous un humour sublime le tragique des hommes et leur intolérance.
Il y cache ses guerres et combats.

J’ai découvert un Julien Lepers que je ne connaissais pas, dont Olivier dresse un portrait plein de tendresse.
Ce livre est une véritable respiration au coeur d’une rentrée littéraire grave et somme toute assez noire dans les thèmes abordés.


• L’auteur :

Olivier Liron

olivier.jpg

Après des études à l’École normale supérieur de Lyon, une thèse sur Saint-John Perse et un titre d’enseignant à la Sorbonne, Olivier Liron, fils d’une immigrée espagnole, décide de se consacrer à la scène et à l’écriture.

Il se forme en parallèle comme comédien à l’École du Jeu, au cours Cochet et lors de nombreux workshops. Il a également une formation de pianiste en conservatoire.

En 2012, Olivier Liron décide de s’inscrire à « Questions pour un champion ». Il s’enferme pendant plusieurs mois et étudie les réponses à plus de 200 000 questions. Il remporta huit fois de suite le fameux jeu télévisé alors présenté par Julien Lepers sur France 3.

Il a écrit quatre pièces de théâtre expérimental qui s’accompagnent de performances, « Ice Tea » (Musée des Beaux-Arts de Lyon, 2008), « Entrepôt de confections » (2010), « Douze douleurs douces » (2012), « Paysage avec koalas » (2013). Autobiographique, sa pièce « La vraie vie d’Olivier Liron » (2018) raconte une histoire vraie, où le fameux jeu télévisé prend des allures de quête existentielle.

Il réalise aussi de nombreuses lectures (Cendrars, Pessoa, Michaux, Boris Vian, textes des indiens d’Amérique du Nord). En 2015, il crée la performance « Banana spleen » à l’École Suisse Internationale. En 2016, il fonde le collectif Animal Miroir actuellement en résidence au Théâtre de Vanves.

En tant que scénariste, il a reçu l’aide à la réécriture du CNC pour le long métrage de fiction « Nora » avec Alissa Wenz et l’aide à l’écriture de la région Île-de-France pour le projet de long métrage « Un cœur en banlieue ».

Auteur, il publie des nouvelles dans les revues « Décapage » (Flammarion) et « Créatures ».

« Danse d’atomes d’or » (2016) est son premier roman, suivi de « Einstein, le sexe et moi » (2018).

*Source : Babelio


• Références :

  • Einstein, le sexe et moi
  • Auteur : Olivier Liron
  • Maison d’édition : Alma Éditeur
  • Date de publication : 06.09.2018

5 commentaires sur “Einstein, le sexe et moi

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