Petit éloge de la gratitude

• Le mood :

Une lecture initiatique sur la gratitude et la quête du bonheur qui cheminera longtemps en vous.


• L’histoire :

« Pour qu’une valeur devienne vertu, il faut la vivre. L’incarner. »

Si je pensais, en commençant ma lecture, qu’il s’agirait d’un petit livre de développement personnel,
Je faisais fausse route.

Olympia Alberti est docteur ès lettres en littérature comparée.
Voici un petit texte monté sur poésie
Et assaisonné de nombreuses références à Rilke, Duras, Woolf et même aux Parapluies de Cherbourg.
Car l’auteure est également spécialiste de Giono, Marguerite Duras, Colette, Rilke et Virginia Woolf.
Imaginez le plaisir 🙂

Tout commence à Pondichéry,
Où elle a été frappée par ce que signifiait vraiment la Gratitude.
En en faisant l’expérience,
Vous savez, quand on regarde une situation par notre seule spectre.
Alors que la réponse est de l’autre côté.

« Alors que je m’étonne, en très jeune Occidentale, que le pauvre homme n’ait manifesté aucun signe de gratitude, je l’entends me répondre : « C’est à toi de le remercier : il te permet de faire une bonne action. »


Car il s’agit bien de cela.
L’expérience.

« Quelle joyeuse perspective dans mon affirmation : la gratitude a des rapports étroits avec le bonheur, la sérénité, l’altruisme. C’est le contraire de l’égoïsme. »


Combien sommes-nous à brandir de grands discours
Sans réellement nous exercer vraiment à les mettre en pratique ?
Combien sommes-nous à nous plaindre de ne pas être assez heureux ?
La gratitude n’est pas qu’un sentiment,
Elle se travaille, se cultive et s’acquiert.

« La gratitude n’est pas qu’un sentiment que l’on éprouverait à propos de n’importe quel chose qui nous aurait été bénéfique dans la vie (…). »


Nous cherchons avec l’auteure à définir ses contours.
Où commence-t-elle ? Où finit-elle ?
Où la trouver ?

« La profondeur demande d’accéder souverainement à nos vies. »


Peut-être dans cet instant où nous mettrons plus de coeur dans un « merci ».
Sincère, qui vient à nous spontanément.
Mais ce serait trop facile…

Travailler certains de nos traits caractériels.
Notre impatience, nos indifférences, nos paresses, nos dénis.
Tout ce qui nous aveugle
Et au final nous empêche d’atteindre le sentiment de bonheur.

« Et j’ai pu constater, parmi mes relations, que certaines étaient imbues d’elles-mêmes, orgueilleuses, narcissiques, et malgré cela – ou à cause de cela – envieuses. Et que d’autres étaient pleines de gratitude pour quelque chose d’aussi simple qu’une soirée d’amitié après une dure journée de travail. »

Il s’agit également de s’interroger honnêtement sur notre rapport à l’autre.
Notre rapport aux choses infimes.
À la nature, à ce qui ne nous ressemble pas
Et même parfois à ce qui ne nous est pas visible.
Marchons-nous aveugle lorsque l’on se coupe de notre spiritualité ?

« Ce mélange d’arrogance et d’orgueil satisfait de soi m’a toujours glacée. Non seulement aucune place n’est faite à l’autre – tout ce qui est autre-, mais aucune place n’est faite à l’invisible et aux lumières qu’il nous adresse…l’absence de spiritualité est une forme de myopie mentale. »

Et si nous passions à côté de signes importants ?
De petits riens par manque d’attention quotidienne ?

« Prendre le bon chemin, c’est vouloir unir, rassembler, retrouver l’Un primordial.
Que sont nos soucis, sinon des pierres sur le chemin pour nous polir, user nos rugosités, rendre notre peau plus sensible aux autres ? »


Et si pour les voir nous avions besoin non pas de nos yeux mais de la connaissance ?
Comme un enfant qui apprend les lettres pour pouvoir lire.
Revenir aux origines de l’apprentissage.
À l’humilité et à la gratitude d’approfondir l’observation de soi pour comprendre.
Pour moins râler.
Tenter de comprendre ce.ux qui nous agace.nt.

« Le drame de l’avidité et de l’envie, c’est qu’elles révèlent une insatisfaction liée à un vide intérieur sévère et mènent à oublier l’être, la vie, l’âme et plus encore : l’espace spirituel qui devrait guider toute décision importante. »

Relire Saint-Augustin
Et s’employer à désirer ce que nous possédons déjà.
Nous satisfaire en tournant notre regard non pas sur ce que nous n’avons pas
Mais sur ce que la vie nous offre : un paysage, un livre, un rai de soleil qui réchauffe notre peau.

L’auteure revient sur l’importance de la connaissance intérieure.
Pas collective non ! La nôtre.
Mieux regarder en soi
Pour percevoir les signes, pour nous,
Mais aussi ces signes extérieurs visibles lorsque l’on porte vraiment attention à l’autre.

« À mesure que nous avançons, nous apprenons à lire et c’est une réelle jubilation de vivre le monde comme on lirait un grand livre ouvert. La lecture des signes nous permet d’explorer notre quotidien, ses chemins et ses rencontres, en nous laissant guider par les qualités fondatrices de la gratitude que sont l’altruisme et l’humilité. »

« Un peu de distance avec les cailloux permet de mieux mesurer le poids des pierres. »

La gratitude c’est peut-être savoir changer de regard sur les choses.
Ne plus voir les épreuves comme des éléments négatifs mais des éléments d’apprentissage.
Chaque difficulté devant mener quelque part.
À une réflexion, un changement ou une action de notre part.

« Quelque chose de secouant, de blessant, de douloureux nous éveille ou nous réveille, nous met en alerte, nous fait prendre conscience de la valeur de la vie réelle. (…) Il faut donc changer de regard sur le déroulement des faits de notre vie. Alors la gratitude prend toute sa place. »


En faire émerger de la joie.
Par l’acceptation.
Joyeuse.
Et non pas une résignation triste.

« (…) tout ce qui nous advient peut nourrir l’âme. »


Nos épreuves peuvent cacher quelque chose de bon,
Si nous sommes patients.
Si nous acceptons de ne pas maudire ces instants plus noirs, ces difficultés.
Mais que l’on adopte ce regard nouveau,
En attendant ce qu’ils auront à nous dire bientôt,
Et peut-être en esquissant un sourire pour nous-mêmes.

« Si le bonheur était l’acceptation d’une vie, certes plus difficile, mais qui permettrait d’avancer, intensément attachée à la connaissance de soi et des énergies supérieures. »


• L’extrait :

«  On ne peut pas en finir avec la nostalgie, cette grande douceur au fond de notre âme – elle et infiniment liée à la vie sur Terre, et donc par la même inépuisable.   »


• Mon avis :

Une lecture initiatique que je recommande à chacun.e.
Car elle chemine en vous longtemps après avoir refermer votre livre.
Une écriture poétique, exigeante.
De l’intelligence derrière chaque phrase déposée.


• L’auteur :

Olympia Alberti*

Copyright Photo : http://www.cimiez.com

Olympia Alberti est une romancière, poète, essayiste, nouvelliste, critique et chroniqueuse littéraire, spécialiste de sémantique française et sémiologie spirituelle (lecture des signes).
Elle est docteur ès lettres en littérature comparée, spécialiste de Rilke, Colette, Giono, Virginia Woolf et Marguerite Duras. Elle anime aussi des ateliers d’écriture.

Olympia Alberti, qui vit à Nice, a publié plus d’une trentaine d’ouvrages (romans, poèmes, nouvelles, essais, biographies…). Elle a notamment reçu un prix de l’Académie française pour l’ensemble de son oeuvre poétique, le prix Thyde Monnier de la SGDL pour Rilke, sans domicile fixe, et le prix Émile Faguet de l’Académie française pour Giono, le grand western. Parmi ses derniers ouvrages, citons Le Royaume de sa nuit. Mère Teresa, le récit d’une vie (First, 2010), L’Amour dans l’âme, le journal disparu d’Etty Hillesum (Presses de la Renaissance, 2011), L’Or perdu de la joie (Salvator, 2012), et Marguerite Duras, une jouissance à en mourir (Le Passeur, 2014).

*Source : Babelio



• Références :

  • Petit éloge de la gratitude
  • Auteure : Olympia Alberti
  • Maison d’édition : Editions Les Pérégrines
  • Date de publication : 08.04.2021

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