Les Orphée

• Le mood :

Un roman sur la perte de soi. La perte des autres. L’absence de cette Autre.
Nos Enfers. Nos amours et nos chimères.
Vous vous reconnaîtrez sans doute. Un passage de vie, une solitude oubliée…
Orphée cherche Eurydice. Entre la mort et le passé, que trouvera-t-il ?


• L’histoire :

Il est Louis le jour.
Il devient Orphée la nuit.
Trentenaire. Affamé d’amour.
Paris, celle qui vous rend toujours plus seul.

Il lui faut un nom pour affronter les brûlures de la nuit.
Par goût du drame, un peu aussi.
L’ennui, la vie monotone et cette blessure.
Alors il prend des bouffées nocturnes.
Accompagné de son Virgile, il descend dans « Les Limbes ».

« Virgile n’est pas un poète. Les seules lignes qu’il trace sont celles qu’il renifle. »

Un bar. Son antre.
Il brave les Cerbères pour entrer.

« Cet Enfer-là, ça se mérite. Il y a souvent la queue. L’Enfer ce n’est pas les autres pour rien, les gens aiment tellement être tristes qu’ils se réunissent pour partager leur joie du malheur. »

C’est elle qu’il cherche.
Son Eurydice. Sa chimère.
Ni nom. Ni visage.
Il ne sait pas qui elle est.
Toute son âme tente de la faire apparaître.
Fantasme cruel que l’absence de cette autre que l’on s’imagine.

Se contenter.
De jeunes nymphes, des illusionnistes…de pâles copies.

« Le ciel noir lui permet de visiter tout ce que le jour tient caché. Même son coeur.»

L’alcool, la tiédeur de l’air, la moiteur des corps.
Les Enfers qui l’absorbent.

« Les ténèbres abritent toute sorte de monstruosité verbales. »

Descendre toujours plus.
Oublier le jour. Fuir la lumière.

Hurler.
Car « Crier c’est exister. »

Exister parce que l’on souffre.
Appartenir aux damnés.
Ces vies de tristesse.
On se ressemble en Enfer.
Et pourtant, on n’a rien à voir ensemble.
Fuir les regards.
La pénombre pour seule maîtresse.

Louis s’éveille.
Un vieux téléphone acheté sur une brocante.
Et ce numéro…ce numéro qui lui revient. De si loin.
Le composer, par jeu du passé.

Puis quitter toute réalité.
À l’autre bout du fil ; la mort.
Son père défunt. Des années déjà.
Impossible et pourtant.

Peut-on changer le passé ?
Voudra-t-il de nous ?
L’entendre sans jamais l’atteindre.

Toiser Hadès aux portes du Royaume des morts.
Tromper les flammes quand on espère encore.
Eurydice où es-tu ?

« La solitude, c’est marcher dans le noir »

Et si la chercher c’était pour mieux se perdre ?
Couvrir le vide, combler la perte.
Entre deux mondes, voyager.
Devenir Personne.


• L’extrait :

« Il la hait comme on aime, parce qu’il ne sait pas aimer et que haïr lui semble plus confortable. »


• Mon avis :

Un sublime roman.

Jusqu’aux derniers mots.
J’ai aimé le verbe d’Eric Metzger que je découvrais ici pour la toute première fois.
J’ai adoré retrouver ces personnages de la mythologie Grecque. Cette construction n’était pas évidente, les ponts qui y sont faits non plus. Et pourtant le charme opère.
Parce que ce livre nous parle, nous touche. J’ose à peine le dire, mais on se reconnaît en Orphée.
Il est un personnage familier.
Une prose belle, et sombre.
La poésie d’Éric et son cynisme.
Son talent qui mêle les démons aux vivants.
Parce qu’il met à nu le bruit qui camoufle le cri des âmes.
Les nôtres. Les Orphée.
Nous pouvons tous en être, ou nous l’avons tous été.
Habité par cette quête. Ce vide parfois qui nous envahit à tel point qu’il rend immobile toute forme de vie autour de nous.

Pour sa justesse et sa grande liberté.
Sa ré-interprétation du mythe d’Orphée, ce pourquoi il se serait retourné…
Et ce vertige fou que j’ai ressenti à la dernière page.
Magistral !


• L’auteur :

Éric Metzger

eric-metzger_5845517.jpg

* Éric Metzger est titulaire d’un Master Lettres à l’Université Paris Sorbonne (Paris IV) (2004-2007).

En 2007, il commence à travailler au Petit Journal de Canal Plus où il a été d’abord auteur pour le SAV (Service après-vente des émissions) de Fred et Omar.

Depuis 2011, Éric Metzger et Quentin Margot produisent des sketchs pour alimenter Le Petit Journal.
« La nuit des trente » (2015) est son premier roman.

*Source : Babelio


• Références :

  • Les Orphée
  • Auteurs : Eric Metzger
  • Maison d’édition : L’Arpenteur – Gallimard
  • Publication : janvier 2018

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s