Les Déraisons

• Le mood :

Un récit sur un couple qui décide de tromper la mort ainsi que le système en se réinventant le Monde tel qu’ils l’imaginent. Un ré-enchantement poétique.


• L’histoire :

Adrien. Louise.
Deux électrons que tout oppose.
D’un côté une douce folie.
De l’autre, un homme effacé.
Un matricule oublié.
Écrasé par la machine.

« Le procès »,
En lisant le livre d’Odile,
Des images Kafkaïennes me viennent.
La solitude de l’homme…

Je les lis ces personnages.
Je leur résiste.
Se teindre les dents,
Tout ce chaos désordonné…
Il arrive que l’esprit refuse
Par peur de ce qu’il va trouver.

Et puis se lier.

Parfois rire c’est braver.
Lever le nez et se rebeller.
La maladie. Le système.
S’en foutre !
Mentir à la vie.
Trainer des pieds.
Se lever !
Refuser d’accepter.

On ne nous apprend pas la liberté
À être là, à exister.
Ne pas se soucier de l’ordre des secondes
Les déranger
Leur faire croire qu’elles sont des heures
Perdre la boussole.

Que la joie soit !
Que la vie nous précipite
Sauter ensemble
Quitte à tout perdre.

Il y a des voyages que l’on entreprend qu’à deux

« Seule avec son fouillis, à la longue, elle ne tiendrait pas. Il lui fallait quelqu’un qui sache accueillir son désordre, le reconnaître, l’apprivoiser et, par la même, lui donner corps. »

Et si l’on réinventait tout ?!

« Adrien était le mécène de la planète Louise, grasse et vitale, il la polissait, la coiffait, lui injectait des vitamines, la labourait et la désinfectait, et, pour la protéger, il avait constitué une armée robuste. Dont il était le seul soldat. »

Des gâteaux compotes
Des verts très rouges

« J’ai épousé la fille de Dalí et Pol Pot »

 Il y a les lâches, les déserteurs
L’odeur de la mort
Celle que l’on refuse de nommer
La regarder, c’est mourir un peu.
Puis il y a Adrien.
Déguiser la maladie de couleurs
Il est prêt.
Mourir ensemble, un petit peu.
Être juste à côté
La regarder. Là. S’envoler.
Quand soi, on n’a déjà plus pied.

Réinventer les langues
Résister tant que le sang coule encore
Tout renverser, chambouler.
Puis vouloir que tout soit normal
Se réfugier…

« Il fallait bien laisser sa vie s’écouler jusqu’au bout, ça prenait du temps de mourir, ce n’était pas simple de faire vite, que croyait-il ? »

Un bateau ivre cet amour.
Un amour fou.
Une funambule sur le fil,

Et cet Adrien,
Le cœur en tumeur.

« L’amour est la langue secrète d’une minuscule communauté où l’on réside seul la plupart du temps. »

Je referme ce livre.
Et des mots me viennent :
L’amour est un naufrage.
Insubmersible.
Il endure tout.


• L’extrait :

« Je vais laisser ce putain de cancer me ronger jusqu’à l’a moelle, comme ça tu ne retourneras jamais travailler et je profiterai de toi tous les jours de ma vie restante, Mon Amour. »

 


• Mon avis :

Un joli récit qui apprivoise la maladie, lui porte un regard que l’on ose rarement poser.
J’ai beaucoup résisté à cette lecture au début.
Mon cœur se serrait de savoir que Louise mourrait quoi que je lise, quel que soit le contenu de ses pages qui viendraient.
Je trouvais Louise trop fantasque. Adrien trop effacé, méprisé.
Je crois que j’étais en colère au fond que Louise refuse de prendre cette bataille au sérieux.
J’avais juste envie qu’elle vive encore un peu.
Finalement en pensant ça, je devenais moi-même ce système, cette raison. Que le livre condamne.
C’est parfois difficile de se laisser faire sur de tels sujets. Nous sommes tous touchés.
Nous avons tous perdu un être, ou nous le redoutons plus que tout.
Et pourtant l’auteur réussi un véritable tour de force. Une écriture qui s’autorise tout.
Une poésie qui n’essaie pas de ressembler aux autres.
Des personnages hauts en symbolique.
Le juge.
Et cette petite Madame Bénurin dont je garde cette phrase et dont je ne vous dirai rien :

« Mais un mari qui part c’est plusieurs êtres qui s’en vont. »


• L’auteur :

Odile D’Oultremont

*Scénariste et écrivain.
Elle est l’épouse de Stéphane de Groodt pour qui elle co-écrivait ses chroniques à Canal +

*Source : Babelio


• Références :

  • Les Déraisons
  • Auteurs : Odile D’Oultremont
  • Maison d’édition : Les éditions de l’Observatoire
  • Publication : janvier 2018

9 commentaires sur “Les Déraisons

    1. C’est drôle que tu dises ça car dans d’autres critiques j’ai lu cette référence à Boris Vian 🙂 Je l’ai lu il y a trop longtemps en lecture imposée et il ne m’en reste pas grand chose. Je dois le relire absolument 🤗

      J'aime

    1. Je te promets que c’est vrai… en lisant ton dernier article je me suis dit qu’il y avait trop de tes derniers livres que je veux lire aussi… Dès que je vois passer un de tes articles je sais qu’il y a de grandes chances pour que je bascule du côté de la carte bleue 😂
      Je les adore aussi tes chroniques et je ne me lasse pas de lire tes analyses astrales 😍

      Aimé par 1 personne

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