Funambule majuscule

• Le mood :

Guy Boley raconte à un homme qui a écrit sur les vies minuscules ; sa vie et son enfance de prolo, son absence totale d’études, mais aussi sa vie de funambule magnifique. Funambule au grand vertige.


• L’histoire :

Je ne redirai pas ici mon amour pour Guy Boley et ses « Fils du Feu » et « Quand Dieu boxait en amateur », vous allez finir par me prendre pour fanatique ou tout simplement penser que je suis marteau…
Mais je peux simplement vous dire que ce livre minuscule je l’attendais en trépignant d’impatience.
Je l’ai lu deux fois.
Voilà, c’est dit.

« Funambule majuscule« , c’est l’histoire de la rencontre entre Pierre Michon et Guy Boley.
Deux écrivains, deux forgerons littéraires, la vraie littérature.
Deux écrivains aux chemins peu communs.
Tous deux ayant écrit très tard, avec des vies peu stables et parfois même hasardeuses.
L’un a même grandit sans livres à la maison.

« Je me suis mêlé d’écrire et je me suis mêlé de lire. J’ignore pourquoi. Quand j’étais gosse, il n’y avait aucun livre, chez nous, à la maison ; c’est moi le premier qui les ai amenés, ces bâtards, sous le toit familial. Première paye et première engueulade, parce que j’avais acheté « des conneries » plutôt que de l’utile. (…) Ma première connerie fut de Victor Hugo : Les Contemplations. »


Allez comprendre ! Il faut faire partie de ces « bêtes sacrées »,
celles qui sont habitées par les lettres
Et pourtant nées en dehors de leur ventre.

Il s’agit de deux lettres dans lesquels deux écrivains ;
L’un ayant fait son nom sur ses Vies Minuscules et l’autre sur Fils du feu dans lequel il nous parle d’un monde de petites gens. Loin des mots.
Guy Boley écrit à Pierre Michon.
Et dans sa lettre, revient sur le jour où il a décidé d’aller à la rencontre de son maître ; Pierre Michon.
C’était à Dijon pour une séance de dédicaces.
Passionné et certain d’y trouver foule et une queue à n’en plus finir,
Guy Boley arrive des heures en avance.
Mais, personne à l’horizon.

C’est l’histoire d’une dédicace déserte et d’une entrevue fondamentale.
Des heures offertes en tête à tête.
Une discussion qui signe le romanesque de cette rencontre.

« Nous en sommes tous au même point.
Que nous sommes-nous mêlés d’écrire, nous autre au lieu de vivre. »



Si le père de Guy Boley s’émerveillait de mots dont il n’entendait pas le sens,
Mais qu’il notait tout de même dans ses carnets pour leur couleur ou leur étrangeté,
Moi je m’émerveille de chaque mot de Guy Boley.

La manière dont il rend hommage à Pierre Michon.
L’ardeur, le beau mêlé au franc, à la vie.
C’est drôle et aussi brut et minéral qu’une pierre devant le lit d’une rivière.
Ils nous rendent dans ces deux lettres,
Tout le vivant de leur littérature, mêlé aux origines de leur milieu.

Cette lettre est une déclaration d’amour.
Un cri face au silence devant le talent d’un Michon.
Son incompréhension devant des romans qui restent méconnus ou non lus par certains de ses amis,
Quand lui a trouvé en Michon ce qu’il manquait alors à la littérature.
La lumière et l’émerveillement.

Guy Boley raconte à un homme qui a écrit sur les vies minuscules :
sa vie et son enfance de prolo, son absence totale d’études, mais aussi sa vie de funambule magnifique. 
Funambule au grand vertige.


• L’extrait :

« J’attendais tes livres. J’attendais depuis longtemps cette écriture inspirée. J’en avais plus qu’assez de toute cette littérature de merde, (…) »


• L’auteur :

Guy Boley*

Copyright : © AFP / Joël Saget

Guy Boley a été maçon, ouvrier d’usine, chanteur des rues, cracheur de feu, acrobate, saltimbanque, directeur de cirque, funambule à grande hauteur, machiniste, scénariste, chauffeur de bus, garde du corps, et cascadeur avant de devenir dramaturge pour des compagnies de danses et de théâtre. Il compte à son actif une centaine de spectacles joués en Europe, au Japon, en Afrique ou aux États-Unis.

« Fils du feu » (2016), d’inspiration autobiographique, est son premier roman, lauréat de sept prix littéraires (grand prix SGDL du premier roman, prix Georges Brassens, prix Millepages, prix Alain-Fournier, prix Françoise Sagan, prix (du métro) Goncourt, prix Québec-France Marie-Claire Blais).

En 2018, il publie « Quand Dieu boxait en amateur ».

*Source : Babelio



• Références :

  • Funambule majuscule
  • Auteure : Guy Boley
  • Maison d’édition : Editions Grasset
  • Date de publication : 06.01.2021

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