La redoutable veuve Mozart

• Le mood :

Un roman historique totalement addictif. Si vous aimez les potins du XVIIIème siècle, le verbe de l’époque et bien évidemment, vous aimerez follement sa veuve ! Constanze Mozart.


• L’histoire :

À son décès en 1791, Mozart laisse à sa veuve et son fils 3000 florins de dettes.
Pour bien vous rendre compte,
À cette époque un domestique gagnait 12 florins par an.
Soit 250 ans de dettes qu’il légua à sa veuve…

Mais qu’à cela ne tienne !
Si Constanze n’a pas le génie de la musique,
Elle le puise aisément dans son intelligence et sa ruse.

Mozart meurt à 36 ans.
8 ans après leur mariage, Constanze est abattue.
Elle raconte alors à son fils sous forme de lettre-confession
Son combat d’épouse transie jusque dans la mort.

À peine rendu son dernier souffle,
Voilà l’administration qui souhaitait déjà lui ôter son fils aîné.
Et oui, car à l’époque, les fils âgé de 7 ans ne pouvaient plus se voir élevés par des femmes.
Les hommes ayant décrété qu’elles leur « transmettaient » l’homosexualité et le vice.

C’était sans compter ses griffes.

Elle ne sut pas où était enterré son mari.
Une fosse commune et l’interdiction de suivre le corbillard.
Appartenant à une loge franc-maçonnique,
Mozart n’avait droit au cimetière.

Ruinée,
C’est une suite d’épreuves plus immenses les unes que les autres qu’elle allait devoir essuyer.
Sa belle-famille la haïssant, elle ne pouvait prétendre demander de l’aide.

Nous sommes Post-révolution française,
Et peu de familles nobles viennoises ont encore leurs orchestres.
Quand les nobles ont fuient leur pays craignant la guillotine,
Les compositeurs se réjouissent de la mort de Mozart pour leur finances.
Moins d’ombre.

Il va alors lui falloir faire terminer les requiems de Mozart.
Faire appel à Sübmayr, aka leur jeune apprenti que Mozart appelait « Trou du cul », (le soupçonnant d’espionnage).
Un projet fin et malicieux.
Elle pourra revendre les droits au prix d’or.

Désormais plus rien ne se fera sans son accord,
À qui voudra exploiter Mozart devra payer sa veuve !

Tant de bravoure dans ce petit bout de femme,
À laquelle la cour refuse toute pension.

Heureusement, il y aura la baronne Martha qui oeuvre pour son rétablissement en société.

« Nous étions flattés de souper à la table des seigneurs, mais dès le chaos en France, ils tombèrent dans la gêne et j’avoue m’être réjouie de les voir sucer des pattes de pigeons. »

Puis Haydn, le père de ces compositeurs jusqu’à la période romantique, qui promet d’enseigner gratuitement la musique au jeune fils de son ami Mozart.

Constanze ne souhaite qu’une chose.
Se venger de l’avarice de ces nobles qui les moquaient en les faisant attendre des heures dans les petits salons.
Et pour cela, elle choisit son plus jeune fils pour descendance de Mozart.
Volant le rêve de son aîné.
Lui arrachant un destin qu’il étreignait si fort.

« Cette ébréchure, c’était ton oeuvre : à l’âge de quatre ans, découvrant que les récipients avaient tous une résonance différente, tu t’étais mis en tête de composer une symphonie pour cruche et compotier. »

Le récit se déroule au travers des mots d’une mère qui se défend auprès de son fils aîné.

« Mais vivre sans souffrir me donnait le sentiment d’effacer ton père. »

Qui souhaite lui prouver qu’elle l’a pourtant aimé.
Entre regrets et souvenirs, combats et choix.

« Ton père détestait les aristocrates, mais il ne souhaitait pas d’autre reconnaissance que la leur. Il rêvait d’en être admiré, ils l’humilièrent. Il avait faim de leurs compliments, ils l’endettèrent. Il rêvait de les faire danser, il l’enterrèrent. Je n’ai pas d’autre but que leur faire regretter cette méprise. »

Elle ne se laissera pas faire.
Créera des Festivals au nom de son homme.
Érigera des statues, des salles en son nom.
Et voudra offrir le plus grand héritage que Vienne et le monde n’ait jamais connu.

Dans une dévotion entière, Constanze offrira le reste de sa vie à Mozart.
Allant jusqu’à gratter le sol d’une fosse pour retrouver le crâne de son mari.
Griffant la terre de ses doigts,
Telle une chatte sauvage prête à mourir pour le seul homme qu’elle a jamais aimé.
Finissant ces derniers jours à Salzbourg, ville qui a vu naître Wolfgang.


• L’extrait :

« Tu vois comme parfois, derrière le visage d’une mauvaise femme, peut se cacher celui d’une mère dévouée ! Bien souvent, ce que vous, les hommes, prenez pour de la dureté ne sont que les rides causées par nos efforts pour vous rendre la vieillesse tolérable. Hélas, quand une femme ne sert plus de marmite, on la regarde comme un couvercle ! »


• Mon avis :

COUP DE COEUR.
Vous savez combien j’avais aimé la langue incroyable du précédent roman d’Isabelle Duquesnoy : « L’embaumeur ou l’odieuse confession de Victor Renard. »
Une écrivaine-historienne qui se saisit des mots, expressions et ambiances de l’époque pour écrire sa propre langue.

On la croirait avoir habité le XVIIIème siècle et en être tout juste revenue.
Elle s’en saisit avec toute la fougue romanesque, la beauté des lettres mais aussi cet humour qui nous offre tant d’anecdotes délicieuses et qui rendent le récit totalement addictif !

À découvrir d’urgence !


• L’auteur :

Isabelle Duquesnoy

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*Isabelle Duquesnoy est une écrivaine, auteure de romans historiques.

Diplômée d’histoire et de restauration du Patrimoine, elle a dirigé l’École supérieure de restauration des œuvres d’art de Sienne, exercé l’expertise et le négoce d’art. Elle est restauratrice d’œuvres d’art entre la Basse-Normandie et la Corse.

Elle a publié des romans et des biographies sous différents pseudonymes.

« Les confessions de Constanze Mozart » sortent en 2003 sous son véritable nom, aux éditions Plon. L’ouvrage, préfacé par le Mozarteum de Salzbourg est applaudi par la critique et se place finaliste du prix des Muses 2004. Il fait ensuite l’objet d’un second tome en 2005.
Traduits dans plusieurs langues, ils sont aujourd’hui considérés comme principale source d’information sur la veuve de Mozart.

En 2009, elle publie chez Gallimard l’adaptation de la vie de Constanze Mozart pour la jeunesse, sous le titre « Constance, fiancée de Mozart« . L’ouvrage reçoit le prix Ados 2012 à Deauville.

En 2013, elle a raconté dans un essai intitulé « Franc-maçonne » son passage en franc-maçonnerie au sein de l’obédience maçonnique de la Grande Loge féminine de France et de l’Ordre maçonnique mixte international « Le Droit humain ».

Son livre, « L’Embaumeur » (2017), est le fruit d’un long travail de dix ans.

Isabelle Duquesnoy est membre d’une association de lutte contre l’illettrisme
Mariée depuis 1991 et mère de deux enfants, elle vit à la campagne.

*Source : Babelio

• Références :

  • La redoutable veuve Mozart
  • Auteur : Isabelle Duquesnoy
  • Maison d’édition : Éditions de La Martinière
  • Date de publication : 05.09.2019

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