Rien n’est noir

• Le mood :

L’une des plus grandes histoires d’Amour qu’il m’ait été donné de lire.
Frida est cette femme incroyable et sacrifiée qui n’aura vécu que pour l’Amour d’un seul homme.


• L’histoire :

« À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter.
Mais qui a envie de vivre abrité des orages ? »

Lorsque je commence ce livre
les vagues frappent les rochers
Dans une fièvre de prendre tout le bruit
Qui m’entoure.
J’y vois comme un signe.
Le bleu et la fougue des éléments.

Frida ne savait pas qu’un jour elle peindrait.
C’est son petit corps brisé,
Bordé dans son lit à baldaquin
Qui l’appelle à peindre un ciel qu’elle ne voit plus que de loin.

« Elle ne voit que lui, sans même avoir à le regarder. Il est sans cesse à s’ébattre quelque part dans l’angle presque mort du regard. À la lisière de l’oeil, là où l’on devine plus qu’on ne saisit. »

Puis un jour, Diego Rivera.
Le plus grand peintre du Mexique.
À jamais infidèle.
Ce corps imparfait,
Cette beauté qui ne l’est pas.

Dangereux et imprévisible
Diego donne aux soirées la couleur d’un revolver.
Bleu de Cobalt.
Frida a le temps.
Elle sait qu’elle sera un jour sa femme.

Ce sont ces années bleues.
Celles pendant lesquelles la peinture bourgeoise a penché la tête
Pour accueillir la liberté, la peinture de rue,
Colorée et accessible.

« Frida, elle regarde le carré du ciel.
Comme une grande toile flottante de peinture bleue.
Le bleu du ciel, punto final. »

Obsession pour son Lénine du Mexique.
Les couleurs se chapitrent
Et la belle bancale avance.
Il n’y a plus que les lignes de fuite,
Et ce corps qui danse.

« Elle s’est arrachée de sa paralysie parce que toute sa vie s’est concentrée dans cet unique dessein, écouter chaque minute de sa douleur et dompter son mal. »

Elle ne peut être entièrement Frida sans être aimée par un homme.
Il lui faut appartenir.
Quel qu’en soit le prix.
Ils se marient comme sur le ton d’une blague.

Et Frida connaît alors la blessure et le sacrifice.
Pour ce monstre qu’elle aimera jusqu’à la fin de sa vie.

Diego est volage.
Frida l’attend.
Frida enrage.
Alors avec son amie Lucienne elle peint des cupcakes.
Oublier qu’il en goûte une autre.

« (…) elle ne s’offusque de rien, affiche le sourire accidenté de ceux qu’on ne pet p’us atteindre si facilement, ceux qui ont gagné la lutte d’autres rives que l’immédiate douleur des fureurs sentimentales. »

La passion puis la haine.
Tordue de douleur
Comme un arrachement de coeur
Au loin les tambours sacrificiels.
Frida brille de son intelligence et de son talent.
Mais elle rendrait tout pour un morceau de plus de son Diego.

Et si Diego était la seule couleur pouvant régner sur mille autres ?
Et si elle n’avait jamais peint que lui.
Son coeur arraché,
Cet enfant qu’elle n’aurait jamais,
Ces femmes qu’il aimait sans secret.

Il y a des amours bien plus grands que nous.
Certains nous demandent d’abolir toutes règles
Qu’importe ce que l’on se dit
Ce que l’on se fait.
À l’aune de notre dernier souffle, le dernier regard sera tourné
Vers celui qui restera, à jamais.


• L’extrait :

« À son contact, la fête monte d’une octave, les insolences se réveillent, les grains de beauté brillent, les intrépidités endormies s’échauffent. Ça grésille. Sa seule présence annule l’érotisme flottant des beaux parleurs et des corps bien bâtis. Il capte et captive. »


• Mon avis :

Un coup de coeur immense pour ce chef d’oeuvre sur Frida.
Cet amour dévorant, ces tableaux incroyables, revisités par Claire Berest.
Ces couleurs tourmentées, prenant toutes les formes de l’âme de celle qui les peignait.
J’ai rêvé tout autant que j’ai pleuré à la lecture de ce roman.
Je le conseille ardemment.


• L’auteur :

Claire Berest

claire_berest
© Julien FALSIMAGNE/Leextra via Leemage

 

*Claire Berest est une écrivaine française, née en 1982.

Elle avait 25 ans lorsqu’elle a démissionné de son poste de professeur de français à Bobigny. De ce constat d’échec est né « Enfants perdus » (Plein jour 2014), enquête à la brigade des mineurs, pour savoir ce qui cloche chez ces adolescents indéchiffrables.

« Mikado » est son premier roman, publié en 2011. Dans son deuxième roman, « L’Orchestre vide », publié en janvier 2012, elle raconte son histoire d’amour avec le chanteur canadien Buck 65.

Claire Berest est la soeur d’Anne Berest, elle aussi romancière.
Elles sont les arrières petites filles du peintre Francis Picabia.

*Source : Babelio


• Références :

  • Rien n’est noir
  • Auteur : Claire Berest
  • Maison d’édition : Stock
  • Date de publication : 21.08.2019

 

2 commentaires sur “Rien n’est noir

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