Les fillettes

• Le mood :

Un livre d’une grande émotion qui rend un hommage à la femme la plus importante de nos vies. Un roman bouleversant qui ferait brûler le soleil lui-même de fougue, de rires et de cris.


• L’histoire :

« L’humeur des grands, c’est comme le ciel : on ne sait jamais qui du soleil ou de l’éclair l’emportera avant d’avoir pointé son nez dehors »

Laurette a 5 ans et mouille parfois encore ses draps.
La honte et le petit corps qui a froid.

Rebecca a 33 ans,
son corps a donné vie à trois fillettes.
Justine, Laurette et Ninon.

« Rebecca a une théorie : les bébés se mettent à parler lorsqu’ils ont oublié d’où ils viennent. »

Le matin elle peine à rejoindre la terre.
Se souvenir de l’histoire du monde
Et de ceux qui le peuplent.
Des démons la tiennent dans l’ombre de la nuit.
Impossible de se lever.

Elle voit alors Anton, son mari ;
Beau, lumineux presque irréel.

« Pourquoi les gens laissent les choses moches à leur place ? Ils pourraient les remplacer par des choses belles. Laurette sait que la laideur rend triste : la tristesse peut tuer. C’est sa maman qui l’a dit. »

Marina vient raconter des histoires russes aux fillettes.
Elles s’endorment dans des mondes où les loups sont légions.
Elle a toujours été là pour aider Rebecca à redescendre de sa planète opiacée.

Elle est de ces mamans magiques que l’on protège.
La seule à répondre aux questions étranges de Laurette.
Et inventer des réponses belles et libres.

« Mes filles sont des incantations. Elles ne pourront pas me sauver, c’est certain – elles ne sont pas là pour ça. »

Terrassée par la peur de mourir.
Elle se cache derrière la fumée pour ne pas souffrir des années.

Rebecca est brillante.
Elle parle le russe, écrit des histoires, disserte sur de grands cinéastes.
Une grande esthète.
La réalité et les règles l’empêchent dans sa liberté.

Lolita, Gatsby, Bel ami sont ses réconforts d’adolescente.
Petite apothicaire elle confectionne ce qui l’évade.
Magie noire pour voyager à travers le temps.

Quelle est la différence entre une maman normale et une maman bizarre ?
Et puis c’est quoi être bizarre ?

Ninon a deux ans et retarde l’âge où l’on n’est plus un bébé.
Explorer encore le chaos où les mots ne se placent pas comme il faut.
Où tous les tests nous sont permis où la conscience n’est pas acquise.

À regard d’enfant, un livre sur l’univers qui nous échappe, celui que l’on a perdu, oublié.
Celui de l’âge où l’on bave sur le monde.
Où l’on mâche les choses.
Et où l’on recrache les réalités qui grattent comme des orties.

Alors quand le monde bascule il reste les prières.
Le regard levé.
Imaginer sa maman hiberner.
Comme les ours oui.
Là bas, loin, dans la forêt.

Raviver les morts avec la « magie blanche des mots »
Apporter une lumière sur les souvenirs,
Panser la blessure par l’écriture.


• L’extrait :

« S’éteindre, décéder, trépasser, expirer, cesser, perdre la vie, clamser, passer l’arme à gauche, périr, paraître devant Dieu, crever…
Lequel choisir ?
Lequel lui irait le mieux ?
Celui avec Dieu ? Pour l’espoir ? La magie divine – quitte à ce qu’elle n’existe pas …?
Ceux en argot ? Pour le cachet du mot ? L’éclat du style – car c’était un peu le sien ?
Les radicaux ? Les pudiques ? Les emphatiques ? Les formels ?
Comment dire ailleurs que dans un livre : « Aujourd’hui maman est morte » ? »


• Mon avis :

Un texte très émouvant que nous offre Clarisse Gorokhoff avec cette pudeur et cette lumière qui la décrivent si bien.
De ces livres que L’ON DOIT écrire parce qu’ils illuminent de leur magie celle qui nous a donné la vie.
Les mots ont ce pouvoir d’éternité, les livres sont les plus beaux des tombeaux sacrés.


• L’auteur :

Clarisse Gorokhoff

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© Francesca Mantovani/

Jeune écrivain, Clarisse Gorokhoff a vécu plus de cinq années à Istanbul où elle a notamment achevé son master de philosophie puis créé une foire d’art contemporain abordable. Sa démarche d’écriture la pousse à s’intéresser aux paradoxes qui façonnent nos manières d’être -à la fois triviales et bouleversantes- qui forgent la société de nos jours.

Source : (*Source : Babelio)

Elle est l’auteure de deux romans qui ont précédé Les fillettes : De la bombe et Casse-Gueule tous deux publiés aux Éditions Gallimard


• Références :

  • Les fillettes
  • Auteur : Clarisse Gorokhoff
  • Maison d’édition : Équateurs
  • Date de publication : 28.08.2019

 

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