Les nuits d’Ava

• Le mood :

Un « livre-enquête » pour moi plutôt qu’un roman.
Très instructif sur la vie d’Ava Gardner et le contexte de l’industrie cinématographique hollywoodienne des années 50.
Une ôde aux tableaux des peintres du XIXème siècle sur fond de récit actuel de la vie du narrateur.


• L’histoire :

Un roman en demi-teinte pour moi.
Une enquête plutôt qu’un roman, là où je m’attendais à une histoire plus « liée ».

Une construction intéressante avec trois narrations et trois époques différentes.
L’auteur mêle l’époque de la sulfureuse et tempétueuse Ava Gardner (des années 50 aux années 90), celle des grands peintres du XIXème siècle, tels que Goya, Courbet et Velasquez, ainsi que l’époque du narrateur, de son enfance à aujourd’hui.

« Ils imaginent que la peinture les rapproche de Dieu et que ce mouvement leur donne la priorité pour posséder le vaste monde, c’est-à-dire une équivalence entre ce qu’ils voient et ce qu’ils n’ont pas encore. »

Jacques Pierre tombe en 1995 sur un article dans Libération qui parle de « La comtesse au cul nul » faisant écho au film dans lequel joua Ava : « La comtesse aux pieds nus ».
Le narrateur nourrit une obsession depuis l’enfance sur la belle Ava Gardner.
Une affaire semble défrayer la chronique : l’histoire de photographies de nus, prises par un chef-opérateur sur le tournage de La Maja Desnuda, du nom d’un célèbre tableau de Goya.
En effet, Ava aurait reproduit des scènes de nu de tableaux de peintres du XIX et les aurait envoyé un jour à différents hommes plutôt très connus aux quatre coins du monde.

On y découvre alors son mariage terrible avec le peu recommandable Sinatra et toute sa clique de mafieux.
On y découvre également le système corrompu de l’industrie du cinéma hollywoodien.
On y croise Hemingway, Fidel Castro, Marilyn Monroe, Kennedy et tant d’autres.

Le narrateur, un prof d’histoire mène sa quête sans trop savoir exactement ce qu’il cherche au fond. Un peu nostalgique, un peu looser et alcoolique, il ère de son île à Rome.
Et nous conte les frasques de la provocante et terrible Ava, interrogeant alors les liens étroits qu’entretient aussi bien l’actrice que le photographe ou encore le peintre avec l’image et les corps qu’ils représentent.

Il dira de Velasquez et Courbet :
« Ils veulent étreindre ce que la puissance a mal froissé dans les draps. ».

Il parle surtout de la souffrance d’Ava Gardner d’avoir été trop longtemps si ce n’est toujours prisonnière de l’image de sa beauté et de ce qu’en faisaient les hommes.
En l’instrumentalisant tel un petit animal sans cervelle.
Le MGM d’ailleurs ayant dit d’elle un jour qu’elle était « le plus bel animal du monde », la reléguant ainsi au rang de bête.


• L’Extrait :

« Les idoles, quand elles meurent, ont des âmes qui s’évanouissent dans le bruit, la poussière, la tempête, l’indifférence. Elles sont minuscules. »


• Mon avis :

Ce roman m’avait été conseillée par une adorable libraire de la librairie Actes Sud.
Me voyant acheter le fameux dernier Jérôme Ferrari « À son image » et discutant avec elle de photographie, elle m’orienta très vite vers Les nuits d’Ava, m’en parlant les yeux plein d’étoiles.

Ce livre est une merveille d’histoire, j’y ai appris une multitude de choses.
Et je salue le talent de l’auteur d’avoir su y mêler trois époques, trois temps qui rythment le récit.

Malheureusement je m’attendais à un véritable roman, qui allait me faire entrer dans la vie, la peau, les sentiments d’Ava Gardner.
Or, le livre étant si riche, j’ai eu le sentiment d’un enchaînement de faits répertoriés savamment pour tisser une histoire plutôt qu’un véritable roman.

Petite déception pour moi donc, ce qui n’enlève rien à la qualité des informations que vous trouverez dans ce livre.


• L’auteur :

Thierry Froger

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Thierry Froger enseigne les arts plastiques.
Son travail questionne les transports de l’image, ses fragilités et ses fantômes (réels ou imaginaires, cinématographiques ou historiques).

En 2013, il publie un recueil de poèmes, « Retards légendaires de la photographie », (Flammarion, prix Henri-Mondor de l’Académie française en 2014).
Son premier roman, « Sauve qui peut (la révolution) » obtient le prix « Envoyé par La Poste ».

*Source : Babelio


• Références :

  • Les nuits d’Ava
  • Auteur : Thierry Froger
  • Maison d’édition : Actes Sud
  • Date de publication : 22.08.2018

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