Vers la beauté

• Le mood :

Un récit doux et délicat. Sans opulence. Un récit sur la beauté et les arts, leur capacité à nous guérir par la contemplation ou leur exercice.


• L’histoire :

Antoine postule pour être gardien de salle au Musée d’Orsay.
Il a tout quitté. Son poste de Maître de conférence aux Beaux-Arts de Lyon.
Son appartement.
Une lettre seulement pour prévenir ses proches qu’il partait et ne voulait donner aucune nouvelles.
Téléphone éteint. Puis plus rien.

Se mettre en dehors du monde.
Se retirer. Être juste là à contempler.

« Il était revenu à un stade primaire de la compréhension du monde, se laissant souvent envahir par des peurs irrationnelles. »

Guérir par la beauté. C’aurait pu être les mots.

« La beauté demeure le meilleur recours contre l’incertitude. Depuis des semaines, il luttait pour ne pas sombrer. »

Mais lui a choisi les tableaux.
Chaque jour il veille. Plus particulièrement le tableau de Jeanne Hébuterne.
Grand amour de Modigliani.
Il lui parle. Comme sa DRH, Mathilde, parle à Maud. Une photographie.

« Pour Antoine, la contemplation de la beauté était un pansement sur la laideur. »

Dire oui à un verre pour ne pas éveiller les soupçons.
L’inquiétude d’être vu. Distingué.
S’ancrer dans la répétition des mots et des gestes
La mécanique de l’esprit pour oublier qu’il déprime
Pour ne plus faire aucun effort
Une sorte d’abandon du vivant
Être à côté de soi.

Antoine habite le monde des doutes, de l’incertitude de soi.
Une étrange relation va se nouer entre Mathilde et lui.
Deux âmes désertées en quête d’un plein, de beauté.

Mathilde sent quelque chose de grave en Antoine.
Que s’est-il passé pour que cet homme quitte tout ?

« Le jour de leur rencontre, elle avait eu le sentiment d’être face à un homme qui glissait(…) »

Tous deux, main dans la main, ils vont prendre la route de son passé.
Quitté par Louise après 7 ans d’amour.

Évacuer l’absence insupportable de l’autre.
Jeter le gobelet à brosses à dents…les couverts puis partir.
Garder le contact puis espacer les messages.
Laisser partir l’autre. Ne plus retenir l’inévitable.
L’autre ne reviendra pas.

« Les ruptures existe longtemps avant le matin où l’on se dit : c’est fini. »

Puis un événement terrible.
Une tombe.
Un nom. Camille Perrotin. 1999-2017.

Camille était une élève introvertie et un peu sombre.
Camille subjuguée par la beauté des arts qui rendait à son silence tout le sens de l’absence des mots. Croiser Géricault. Les âmes. La folie.
Camille se met à peindre.

« Plus personne n’avait de prise sur elle. La création lui avait donné non seulement une densité inouïe, mais une capacité à ne plus rien attendre de personne. C’était un monde total, de nature à rassasier un être humain. »

Puis la laideur. La salissure.

« On ne peut pas blesser un mort. »

La beauté comme remède
La beauté comme pansement
La beauté comme une caresse


• L’extrait :

«On peut panser une plaie psychique par la répétition d’un geste mécanique. »


• Mon avis :

Un roman délicat sur la beauté déposée sur la blessure.
En Camille j’ai retrouvé du Charlotte. Leur destin de surdouées des arts, ce besoin de s’accomplir avant qu’il ne soit trop tard. La fulgurance de leurs œuvres.
Destin tragique.
Un livre qui vous tient par ses personnages aussi touchants qu’intéressants.
L’auteur a écrit dans l’humilité, il nous cite la beauté des tableaux sans les dépeindre complètement. Interrogeant la curiosité du lecteur.

J’ai aimé cette approche de la beauté comme un élément de guérison dans nos vies.
Ce moment où l’on décide de tendre vers elle. De ne plus voir qu’elle, surpassant la douleur.


• L’auteur :

David Foenkinos

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Après des études de lettres à la Sorbonne, David Foenkinos, formé au jazz, devient professeur de guitare.

Il avoue une admiration sans bornes pour le roman Belle du Seigneur d’Albert Cohen, ce qui l’amène à décliner régulièrement le thème de l’amour dans ses œuvres littéraires. L’auteur admet ne jamais (ou presque) puiser son inspiration dans son vécu, sauf dans « Les Souvenirs », qui s’inspire de son hospitalisation à 16 ans pour une maladie de la plèvre.

Après avoir été attaché de presse dans l’édition, David Foenkinos parvient à publier sur premier roman, « Inversion de l’idiotie », chez Gallimard. Il a depuis publié plusieurs romans dont « Entre les oreilles », « Le Potentiel érotique de ma femme », « En cas de bonheur » et « Les cœurs autonomes ».

« Le Potentiel érotique de ma Femme » lui assura un certain succès commercial et le prix Roger Nimier en 2004. A la rentrée littéraire 2007, il publie « Qui se souvient de David Foenkinos? » où il questionne justement l’arrêt brutal de sa notoriété et la chute de ses ventes.

Après « Nos séparations » (Gallimard, 2008), Foenkinos décroche en 2010 le prix Conversation et le prix des Dunes avec son roman « La Délicatesse » (Gallimard, 2009).

La même année, les Éditions du Moteur publient « Bernard » tandis que Plon édite « Lennon », un ouvrage dans lequel l’auteur (et fan) se met dans la peau du Beatles assassiné.

Suivent en 2011 « Le petit garçon qui disait toujours non » (Albin Michel) et « Les Souvenirs » (qui sera adapté pour le cinéma par Jean-Paul Rouve), présenté à la rentrée littéraire par Gallimard. La fin de l’année 2011 voit également arriver dans les salles françaises l’adaptation du roman « La Délicatesse », avec à l’affiche Audrey Tautou et François Damiens. Un film réalisé par David Foenkinos lui-même, accompagné de son frère.

En 2013, il publie chez Gallimard « Je vais mieux » puis le remarquable « Charlotte », à la rentrée littéraire 2014, dans lequel il rend un hommage personnel et poignant à l’artiste Charlotte Salomon, assassinée en 1943 à Auschwitz et qui obtient le prix Renaudot et le prix Goncourt des lycéens. Le roman sera adapté pour le cinéma par Olivier Dahan. En août 2016, une version illustrée d’une cinquantaine de gouaches de Charlotte Salomon et d’une dizaine de photographies représentant Charlotte et ses proches est éditée chez Gallimard.

En 2016, il change de ton et revient avec un roman satirique bâti comme un polar littéraire, intitulé « Le Mystère Henri Pick ».

*Source : Babelio


• Références :

  • Vers la beauté
  • Auteur : David Foenkinos
  • Maison d’édition : Gallimard
  • Publication : Mars 2018

 

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