SAINT JACQUES

• Le mood :

Des personnages d’une grande intériorité, la mélancolie des terres cévenoles, la chaleur des coeurs rocailleux sur un lit de silences et de secrets.


• L’histoire :

Palo reçoit un coup de fil de sa soeur Françoise.
Surprise.
Des années qu’elles ne s’étaient plus données de nouvelles.
Leur mère, Camille, est morte.

« Les éboueurs entrechoquaient les conteneurs en un vacarme du diable, j’ai eu droit à un petit signe de main sympathique au passage du camion. Ils avaient dû me prendre pour la femme de ménage et c’était sûrement une marque de fraternité, entre gens qui travaillent quand les autres dorment encore, et qui sont payés une misère. La solidarité de l’infortune. »


Palo négocie pour n’y passer qu’une journée.
Gérer les formalités.
Le notaire et hop !
Filer d’ici le plus vite possible.
C’était sans compter la donation de cette maison dans les Cévennes…
Et le petit carnet qui devait l’y accompagner.

« C’était comme si la mélancolie des vallées profondes avait tout à coup rattrapé les hommes, et qu’ils avaient voulu en finir avec toute cette tristesse. »


Palo.Paloma.
La petite fille désaimée pour un écart de sa trop jeune maman.
Grandir en renvoyant cette image pesante de l’unique erreur.

Quitter Paris pour les Cévennes
Embrasser l’odeur du genêt sauvage
Rebâtir une ruine et faire la rencontre d’une vie en attendant le couvreur.
Ce jour-là c’est le patron qui s’est déplacé en personne pour venir chez Elle.
C’était Jacques.

« Je ne savais pas encore que tu m’apporterais ce fils dont la vie m’avait privée. On ne perçoit pas consciemment comment certaines personnes peuvent vous manquer avant de les connaître, on devine juste, une fois qu’on les a rencontrées, qu’on ne pourra plus jamais vivre sans elles. »


On envie cette histoire et cette rencontre qui ne tenait que du hasard.
Deux âmes réunies en un lieu qui devait leur raconter leurs souvenirs.
Ceux que Palo ne connaissaient pas.
Ceux que Jacques connaissaient trop bien.

Une écriture précise.
Des descriptions qui font crépiter l’oreille.
On entend le bruit du pain se rompre sous les mains charnues et les avant-bras musclés de Philippe,
On est ébloui par la lumière du regard châtaigne de Jacques.
On sent la robustesse des murs de cette ruine.
On ressent l’amour qui naît juste là, sous la vieille charpente de bois.
On sent toute la fragilité de Jo la Glu,
On adore Pimpom et son franc parler,
On aime la vieille Rose, son chien Wickett et son chagrin rempli de secrets qu’elle étreint.

« Ta voix forte et rocailleuse descendait les échines coupantes de la corniche, celle de Rose, au début hésitante, coulait au fond des ravins par petits tressaillements. Ce matin-là, je me suis dit que je t’aimais, que je voulais vivre avec toi, quoi qu’il arrive. »

Ce court roman nous prend aux tripes,
Une humanité que l’on ne croise plus que dans les livres ou les petits villages reculés.
L’entraide et la chaleur d’une maison dont la porte s’ouvre aussi grand que le coeur accueille.

Si les peaux sont rugueuses et les coeurs grands ouverts,
des malédictions courent et traversent les vies en les tâchant de leurs regrets.
Écrire la nuit pour rattraper ce qui nous a échappé.
Pour retenir la vie, aussi fragile qu’un nouveau-né.

Dans ce livre, il y a des pères qui n’ont jamais su qu’ils l’étaient,
Des mères qui n’ont jamais réussi à le devenir,
Des femmes qui n’ont pas eu d’enfants mais sont devenues mères,
Des fils abandonnés qui trouveront l’amour.


• L’extrait :

« Ce silence c’était celui des gens de la terre où l’on se sent bien mieux qu’on ne parle. »


• Mon avis :

J’ai été tellement heureuse de retrouver les mots de Benedicte Belpois.
Je lu ce roman aussi goulument que je peux m’avaler une plaquette de chocolat à la caisse d’une superette.
J’aime Bénédicte Belpois car elle donne une intériorité profonde à ses personnages,
Elle a ce don de donner une couleur et des notes à la mélancolie.
De faire crépiter la nature et les décors,
de nous plonger dans le parfum des Cévennes.
J’ai pensé à Marie-Hélène Lafon lorsqu’elle, son talent pour écrire les gens de la Terre.
Leurs silences et les secrets.


• L’auteur :

Bénédicte Belpois*

Copyright : RTS / Caractère. / 60 min

Nationalité : Afrique du Sud
Né(e) à : Johannesburg, Afrique du Sud , le 06/08/1959
Biographie :

Deborah Levy est une romancière, dramaturge et poétesse britannique.

Elle s’est d’abord concentrée sur l’écriture pour le théâtre — ses pièces ont été mises en scène par la Royal Shakespeare Company — avant de se concentrer sur la fiction en prose.

Ses premiers romans comprennent Beautiful Mutants, Swallowing Geography et Billy & Girl. Son roman Swimming Home a été dans la shortlist du Prix Booker en 2012 et The Man Who Saw Everything fut dans la première sélection du Prix Booker en 2019.

*Source : Babelio



• Références :

  • SAINT JACQUES
  • Auteure : Bénédicte Belpois
  • Maison d’édition : Editions Gallimard
  • Date de publication : 08.04.2021

2 commentaires sur “SAINT JACQUES

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