L’enfant céleste

• Le mood :

Un très beau roman dans lequel se mêlent onirisme, poésie, douceur et mélancolie.
La nature et les astres s’épousent pour nous offrir une galaxie de sentiments célestes.
La beauté d’un enfant différent, d’un amour perdu et d’un célèbre astronome.


• L’histoire :

« Quelques jours plus tard je recevrai ce message de Pierre : « je n’aurai pas voulu mettre de tristesse dans ta vie mais je voudrais qu’on arrête. »
Et cette phrase, qui me pulvérise : « Je ne peux pas faire l’amour sans amour. »
Il n’y aura jamais d’autre explication. »

À quel moment une histoire d’amour nous abandonne ?
Se détache de nous ?
À quel moment décidons-nous de voir ?
Le mensonge nous berce tant que la fin ne nous frappe pas de sa lame.
La plaie suinte parfois longtemps.
La blessure se réveille avec l’image de cet autre accompagné d’une personne qui n’est plus vous.

Mary élève Célian seule.
Les hommes de sa vie l’ont désertée.

« J’ai déposé un caillou sur la dalle de granite rose. Je lui ai rapporté des pierres rondes et polies des plages du monde entier. J’en ai toujours une avec moi, dans les poches de mes vestes, au fond de tous mes sacs. »

Lorsque l’amour meurt, il faut ramener la vie.
Alors Mary repeuple le jardin de sa mère avec les vieilles fleurs des tombes dont les gens ne veulent plus au cimetière.
Perpétuant ainsi les gestes maternels.
La nature ne se soucie pas des morts.
Elle respire toujours plus fort.

« En l’accompagnant dans ce jardin qu’elle crée par tous les temps, je songe que la vitalité organique des plantes doit être un remède à la mélancolie. Se fondre dans la simplicité d’un jardin, retrouver chaque jour cette nature généreuse, est peut-être une façon de consentir encore au monde. »

Si Mary est comme hors du monde,
Célian, lui, est un petit garçon appelé par les étoiles plutôt que par sa cynique maîtresse.
Pourquoi lui faut-il rester assis tant d’heures,
Lorsque les animaux eux peuvent s’amuser dans les hautes herbes librement ?
Il regarde de loin cette forêt du Morvan qui l’appelle, juste là, tout au fond.

« Ce que je ne lui dirai pas, pas tant qu’il sera enfant, c’est combien je peux le comprendre et me retrouver en lui. Moi à qui on reprochait d’être trop exaltée, trop sensible et d’absorber comme une éponge les émotions, les bruits, les variations de la lumière. Je connais cette démarcation invisible qui sépare toujours des autres. »

Il faut quitter ce sinistre décor,
La musique d’un métro épuisé.

« Une lune blême s’était levée, éclairant dans les angles des murs des tessons de bouteilles, des oiseaux crevés et les corps recroquevillés de quelques toxicos échoués là au bout de leur misère. Au loin un métro aérien a brisé le silence, désarticulé, sinistre. »


Mary décide de partir avec Célian sur une île de la mer Baltique au Danemark : Ven.
Île de Tycho Brahe, célèbre astronome du XVI ème siècle ayant érigé un palais pour en faire le plus grand observatoire astronomique de l’Occident : Uraniborg.
C’est ici qu’il redessina entièrement la carte du ciel.

Un voyage dans le temps et l’espace.
Au coeur de l’histoire des grandes découvertes astrales.
Giordano Bruno, torturé et brûlé vif pour avoir défendu l’idée d’un ciel infini.
Copernic puis Brahe avec sa découverte d’une étoile éteinte.
Fracassant ainsi la théorie alors établie d’un ciel immuable et fixe.

Le coeur pourrait-il battre à nouveau ici,
Rythmé par les battements de la nuit ?
Le temps s’allonge, se distend,
Aussi bien dans l’esprit de l’enfant sur lequel il n’a aucune prise,
Que dans les bras de Mary qui le redécouvre, glissant.

« Le temps est différent ici, il glisse. »


• L’extrait :

« Mon existence était une eau qui coule entre les mains. Je désirais dormir, oublier et être oubliée. Ne plus jamais avoir mal, ne plus jamais aimer. »


• Mon avis :

COUP DE COEUR.
Maud Simonnot nous offre un roman comme une allégorie du temps.
Celui de l’attente de celui qui souffre, qui est quitté.

Une construction sensuelle où nous passons délicatement des pensées de Mary au récit de Célian.
Leurs deux voix s’entrecroisent tels des chats qui se frôlent.

Il s’agit d’un monde où les lucioles et les martres ont presque disparu.
Où les hommes, adultes que nous sommes, oublient de s’émerveiller de chaque détail de la nature avec ces mêmes yeux que lorsque nous étions ensemble.
Voir le beau. Le vrai.
Sentir en nous cet infiniment grand au-dessus de nos têtes.


• L’auteure :

Maud Simonnot*

Copyright : Francesca Mantovani/Gallimard

Auteure de « La nuit pour adresse » et de « L’enfant céleste ».
Elle a aussi publié deux anthologies au Mercure de France : « Le goût de la forêt » et « Le goût de la nuit ».

*Source : Babelio


• Références :

  • L’enfant céleste
  • Auteure : Maud Simonnot
  • Maison d’édition : Les Éditions de l’Observatoire
  • Date de publication : 19.08.2020

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