HOMO SAPIENNE

homosapienne

• Le mood :

Un roman d’une grande singularité. L’auteure nous offre une oeuvre d’une liberté folle. Sans aucun artifice.
De cette langue nue et pure, entremêlant groenlandais, danois et anglais, elle porte un regard sans concession sur les intolérances et les violences qui frappent son pays. Sur l’enfermement et les souffrances d’une jeunesse en déserrance. À LIRE ABSOLUMENT.


• L’histoire :

« Mes orgasmes simulés sont de moins en moins crédibles. Mais nous continuons à faire des projets. Les journées s’assombrissent. Le vide en moi s’agrandit. Mon amour n’a plus aucun goût. Ma jeunesse vieillit. »

Fia se désole d’une vie morne et monotone avec un homme dont elle aime l’amour mais qu’elle rejette plus que tout.
Son corps, sa douceur, sa présence.
Jusqu’à sa bienveillance et sa fidélité la révulse.
Elle rêve d’un destin qu’elle aurait choisi.

« Fièrement, il exhibe sa foutue queue-saucisse. Je pense : Is that something to be proud of ? Je ne peux rien dire de bon de notre aventure, et puisqu’il est tellement saoûl, je ne simule même pas mon orgasme, comme je l’ai si bien appris. »

Fia le quitte et commence une colloc avec son amie Arnak.
Les soirées et l’alcool.
Sara, si belle, croisée dans des toilettes et dont elle rêve qu’elle la suive dans la nuit jusque dans la ville.

Rejet de l’homme.
Homme bite. Sausage. Là simplement pour assouvir. Oublier.
Objet exutoire, non pas de désir.
Elle rêve d’histoires lesbiennes et joyeuses.
Libres et pleines d’ivresses.

Un amour naît là, un soir, au premier regard.
Fia prend enfin vie dans le coeur de Sara.

Inuk, son petit frère a fuit le Groenland.
Terre de meurtrissures pour lui.
Infection jusque dans son corps.
Prison de montagnes gelées.

« Les routes sont méconnaissables. Elles ne clôturent pas comme de hautes montagnes. Les gens ne sont pas des prisonniers. Les couloirs sont remplacés par des routes sans murs. »

Trahison.
Là-bas, pour certains, l’homosexualité doit être soignée.
Maladie dégénérescente, poussant aux mensonges et aux excès.
Dans les esprits tout se mélange.

Je retrouve un écho au roman Nirliit,
Ici aussi l’écrivaine dénonce les dérives de son île.
La violence et l’alcoolisme.
La colère et la maltraitance.

Un entremêlement très beau de trois langues.
Le danois, l’anglais et le groenlandais.
L’auteure mêle à son roman, un regard critique et profond sur le Groenland.
Sa politique et son enfermement.
Les jugements, l’absence de liberté d’une jeunesse perdue et sclérosée.
Elle nous offre un savant entremêlement de récit, d’échanges de lettres, de messages Facebook, de courts dialogues et de sms.
Un roman unique dans sa forme qui résonne en nous par son universalité.
J’y ai pour ma part trouver une force incroyable.


• L’extrait :

« J’aime ton amour, mais, non, je ne t’aime pas. »


• Mon avis :

Inuunera = vie
Il y a quelque chose qui ne ment pas dans la littérature nordique.
Pour moi, elle est comme une « langue nue ».
Comme si les conditions climatiques qui ne leur permettent aucun artifice, avaient retiré toute flagornerie de l’écriture de leurs auteurs.
C’est brut et pur. Comme de la glace.
Et pourtant, on en tire toute la substance de la vie, sa chaleur et sa violence.
Toute l’essence du sentiment et des passions dont nous sommes traversés.


• L’auteur :

Niviaq Kornelliussen*

niviaq-korneliussen
Copyright : PHOTO JØRGEN CHEMNITZ, FOURNIE PAR LA PEUPLADE

*Niviaq Korneliussen est une écrivaine groenlandaise.

Elle a grandi à Nanortalik, une ville dans le sud du Groenland qui compte 1400 habitants.
Elle a fait ses études en sciences sociales à l’Université du Groenland à Nuuk et en psychologie à l’Université d’Aarhus.
En 2012, Niviaq s’est fait remarquer dans son pays lorsqu’elle a soumis à un concours une nouvelle qui idéalisait San Francisco.
Deux ans plus tard paraissait « Homo Sapienne » (2014). Elle a écrit son premier roman d’abord en kalaallisut (langue officielle du Groenland) puis en danois.

Acclamé par la critique à Copenhague et à New York, les éditions La Peuplade (Québec) l’ont fait traduire en français.

*Source : Babelio


• Références :

  • Homo Sapienne
  • Auteure : Niviaq Kornelliussen
  • Maison d’édition : Éditions La Peuplade
  • Date de publication : 06.02.2020

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