Rumeur des âges

• Le mood :

Un recueil qui réunit trois textes de Rainer Maria Rilke qui se font écho entre eux.
Nous traversons alors les souvenirs et questionnements du poète. Réalité ou perception ?
Nous est-il possible de regarder le monde autrement qu’avec les yeux ?
Quelles sont ces « choses » que nous nommons « choses » en leur donnant le nom d’une futilité quand elles sont pourtant si profondes ?


• L’histoire :

Rumeur des âges est l’union de trois textes de Rilke.
« Rumeur des âges », « Choses », et enfin « Aventure ».

Des textes du poète qui se font écho dans leur nature même.
Le poète met des mots sur l’indicible du souvenir, sur toutes ces « choses » que nous nommons « choses » faute de pouvoir leur donner des noms qui les distinguent.

Réflexion de celui qui de sa vie n’a cessé d’être celui qui regarde.
Les poètes sont les yeux du monde,
Ils sont les mots qui ne naitraient pas en nous,
Et se couchent pourtant sur des émotions profondes que chacun de nous avons vécues, perçues.

« L’enchantement que cette coquille particulière, close à tout l’espace de l’univers, me procurait, allait si loin que je fis l’acquisition d’un crâne, pour passer avec lui encore maintes heures nocturne ; (…) »

Rilke part d’un souvenir. Celui d’un phonographe qu’il avait confectionné petit.
Et le son qui en jaillissait.
L’ouïe. Souvenir indéfectible.
Avant que de déplorer que ce sens, est totalement ignoré du poète qui n’explore le monde qu’avec ses yeux.
Mais alors comment mettent à l’oeuvre l’ensemble des sens ?

« Et pourtant, le poème achevé ne peut exister qu’à la condition que le monde, soulevé simultanément par cinq leviers, apparaisse sous un aspect défini sur ce plan surnaturel qui est justement le plan du poème. »

Il compare ainsi le point de vue de l’amant, dont l’inconnu et le connu s’affronte en un unique point de vue. Et celui du poète, dangereusement attiré par le champs si vaste des sentiments à observer et décrire.

« Si le danger que court celui qui aime tient à l’extrême étroitesse de son point de vue, le danger que court le poète, c’est qu’il aperçoive les abîmes qui séparent une catégorie des sens de l’autre (…) »

Qu’est-ce qui est réel ?
Ce qui est perçu par élargissement ?
Ou ce qui est vécu par expérience ?

« Choses » nous parle de ces riens de l’enfance qui sont tant.
Ce mot qu’adulte nous ne prenons plus le temps de signifier.
Rilke nous replonge dans tout ce qu’elles revêtent de fondamental dans nos vies.

« Mais non : ce n’est pas ainsi que vous sentez le silence qui se fait. Le mot choses passe à côté de vous, il ne signifie rien pour vous ; ou trop d’objets qui vous sont trop indifférents. »

« Aventures » nous parle de l’insaisissable des choses.
Le goût rare de leur finitude.
Il faut savoir les voir, les débusquer, savoir qu’elles sont éphémères pour les aimer vraiment.


• L’extrait :

« Cela qui était indéfini et sans valeur, a préparé vos rapports avec le monde, vous a conduit dans l’événement et parmi les hommes (…) »


• Mon avis :

Je pense que les poètes nous ont été envoyés pour consoler les hommes de ne savoir dire ce qu’ils ne peuvent voir et décrire.
Plonger en le sentiment, en l’infime dans un souvenir.
Explorer ce que nul autre jusqu’alors n’avait visité des mêmes mots,
Même si l’on effleure parfois un même sentiment de la peau.


• L’auteur :

Rainer Maria Rilke*

rilke

 

*Nationalité : Autriche
Né(e) à : Prague (République Tchèque) , le 04/12/1875
Mort(e) à : Montreux (Suisse) , le 30/12/1926
Biographie :

Rainer Maria Rilke (René Karl Wilhelm Johann Josef Maria Rilke) est un écrivain autrichien.

Issu d’une famille désunie, Rainer Maria Rilke passe une enfance solitaire en Allemagne. Son père, un officier à la retraite, souhaite qu’il mène une carrière militaire. Il l’envoie pendant cinq ans dans les écoles militaires de Saint-Pölten et de Mährisch-Weisskirchen.

A Prague, Munich et Berlin, il étudie le droit et le commerce et publie des textes en prose et des poèmes, comme « Pour ma joie ».

Il est surtout connu pour ses œuvres poétiques (« Élégies de Duino », « Sonnets à Orphée ») bien qu’il ait écrit un roman, « Les cahiers de Malte Laurids Brigge », ainsi que des nouvelles et des pièces de théâtre. Il écrit essentiellement en allemand et traduit des poètes français comme Paul Valéry. Plus rarement, il compose en français, notamment une longue série de poèmes dédiée au canton du Valais (« Vergers » ou « Les Quatrains valaisans »).

Spirituel, il est convaincu de la présence divine, notamment dans son recueil « Histoires du bon Dieu ». Alors que dans « Le Livre de la pauvreté et de la mort »; il s’agit d’une une méditation sur la mort.

Il nourrit des amitiés avec quelques-uns des créateurs les plus remarquables de son époque, en particulier, Auguste Rodin, dont il est le secrétaire, et Marina Tsvetaieva, dont il décèle le génie avant tout le monde et avec qui il correspond. Pendant deux ans, Rilke entretient une liaison tumultueuse avec la femme peintre Lou Albert-Lasard.

La guerre de 1914-1918 est pour Rilke une cruelle épreuve. Pénétré de culture européenne, il souffre de cette lutte qu’il juge fratricide. Il reprend ensuite sa vie errante, revient à Paris en 1920 puis se réfugie dans le Valais.

En 1926, il se pique avec les épines d’une rose qu’il vient de couper. Quelque temps après, Rainer Maria décède d’une leucémie au sanatorium de Valmont refusant les soins thérapeutiques. Il est inhumé à Rarogne dans le canton du Valais.

*Source : Babelio


• Références :

  • Rumeur des âges
  • Auteur : Rainer Maria Rilke
  • Maison d’édition : Éditions Sillage
  • Date de publication : 30.11.2001

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