Inconditionnelles

• Le mood :

Une pièce de théâtre désarmante de beauté.
Une danse de femmes dans leurs cellules, danse rituelle pour rappeler la vie qui déserte.
Accompagnée de chants pour faire trembler les murs.


• L’histoire :

Une pièce de théâtre qui dit toute la violence de l’arrachement.
La colère de l’isolement.
La liberté sous condition, effrayante.
Reprendre ses marques dans un monde qui ne vous attend plus.
Juste-là,
Derrière le dernier rempart qui sépare des vies.

Une danse de femmes, subtile et tendue.
Des vies blessées, à coups de griffes.
La stupeur d’exister encore à travers la voix, les mots.
La provocation ; ultime inclination à rester libre
Face aux matons.

Chess est assise sur le sol.
Elle commence à battre en rythme de tout son corps, de ses mains.
Puis se met à chanter,
Les rimes s’échappent en dehors les murs.

Doreen crie plus fort,
Lui intimant de fermer sa gueule.
La beauté ne doit plus atteindre l’intérieur des cellules.
La musique comme souvenir de liberté,
Cruel et beau.
Il n’y a plus de place pour la beauté.

Serena et Chess partagent leur cellule.
Leurs peurs.
Leurs dialogues s’entrelacent de chansons comme leur amour.
Ann Peebles, Diana Ross, Mickael Jackson…

Le chant comme ça.
Excitation des corps.
La danse comme rituel pour rappeler la vie.

 

« SERENA
Les choses que je n’aimais pas me manquent. Genre prendre le bus. Faire la queue à la banque. Être proche de toutes sortes de gens.
(…)

SERENA
Chess ?

CHESS
Ouais ?

SERENA
Rien me manque en vrai. »

Serena s’interroge sur ce qu’il se passera s’ils la relâchent.
Quitter Chess…
Elle dehors. Chess dedans.

Le réconfort passe parfois par les heurts des corps
Qui ne savent plus comment se dire qu’ils se comprennent.
Les corps de femmes qui ne connaissent plus la douceur, la tendresse.
Mais qui s’aiment.

Puis l’arrivée de Sylver,
Faire renaître Chess en musique…

« SILVER
Je ne veux pas me disputer avec toi. Si on se tire dans les pattes, on ira nulle part.

CHESS
De toute façon y’a nulle part où aller. »

Et le vide.
Le creux de l’autre.
L’espace qu’elle a laissé pour toujours.
L’injustice des temps qui ne sont désormais plus les mêmes.

Dehors le bruit vient heurter le silence des murs.


• L’extrait :

« SCÈNE 11

Chess est seule dans sa cellule. Elle regarde dans le vide comme dans la scène d’ouverture. Serena lui manque et elle a mal. Elle monte sur la couchette vide de Serena. On ressent son emprisonnement et son isolement. Elle commence à se chanter une chanson à elle-même, pour se tirer de là.

CHESS
Tu me manque tellement. Que fais-tu maintenant. » 


• Mon avis :

Une pièce qui m’a totalement traversée. Bouleversée.
Terriblement vivante, jusqu’aux partitions de son auteure à la fin du livre.
Kate Tempest nous embrasse du drame de ces femmes.
Nous fait sentir le fil ténu de nos libertés.
Un texte qui empreinte à la musique, à ce qui se meut en nous à travers le chant.
Qui dit comment peuvent se relever des âmes tombées.
Ces femmes. Inconditionnelles.

Mille merci aux Editions de l’Arche pour m’avoir offert déjà deux pièces et renouer ainsi avec un théâtre que l’on délaisse. Je ne m’en passe plus !


• L’auteur :

Kate Tempest*

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Copyright photo : Julian Broad

*Kate Tempest, née Kate Esther Calvert, est une poétesse, dramaturge et rappeuse anglaise.

Elle grandit à Brockley, au sud-est de Londres, dans une famille de cinq enfants. Son père, ouvrier, devient avocat criminaliste en suivant des cours du soir. Elle raconte que c’est en le voyant ainsi travailler que naîtra chez elle le goût du travail.

Pendant son adolescence, M. Bradshaw, son professeur d’anglais, lit ses premières poésies et lui conseille des livres pour l’inspirer. C’est l’influence de son professeur qui l’encouragera à persévérer dans son travail d’écriture.

En 2013, elle gagne le Ted Hughes Award pour son recueil de poésie « Brand New Ancients » (Les nouveaux anciens). « Hold your own » (2014) est son deuxième recueil.
Elle est également auteur de deux pièces de théâtre.

Elle sort son premier album de rap, « Everybody Down« , en mai 2014. Son deuxième, « Let Them Eat Chaos« , paraît en septembre 2016.

« Écoute la ville tomber » (The Bricks that Built the Houses, 2016) est son premier roman.

Son site : https://www.katetempest.co.uk/
Page Facebook : https://www.facebook.com/katetempest
Compte Twitter : https://twitter.com/katetempest

*Source : Babelio


• Références :

  • Inconditionnelles
  • Auteur : Kate Tempest
  • Maison d’édition : Éditions de l’Arche
  • Date de publication : 21.02.2020

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