Soie

• Le mood :

Onirisme, poésie, un texte musical battant son plein au rythme des voyages comme des refrains. Un roman-nouvelle comme un voyage dont on ne revient pas tout à fait.


• L’histoire :

1861.

Hervé Joncour a 32 ans,
Il vit à Lavilledieu avec son épouse, Hélène.
Hélène est cette femme remarquable par sa voix si belle.
Lui, achète et vend des vers à soie.
Ils n’ont pas d’enfants.
Mais Hervé Joncour parcours le monde pour des oeufs.
Des oeufs de vers à soie.
De la Syrie jusqu’à l’Egypte,
Sa vie est rythmée par ses absences auprès d’Hélène.
« C’était au reste de ces hommes qui aiment assister à leur propre vie, considérant comme déplacée toute ambition de la vivre. 
On aura remarqué que ceux-là contemplent leur destin à la façon dont la plupart des autres contemplent une journée de pluie. »
Mais pourquoi des vers à soie dans cette petite ville du sud ?
Des années plus tôt,
Un certain Baldabiou s’était installé au bourg,
Amenant avec lui son savoir des vers à soie.
C’est à 24 ans qu’Hervé rencontre l’homme.
Celui qui lui offrira une expédition hors norme.
Un jour,
Pour sauver les vers à soie d’une épidémie et d’une mort certaine,
Baldabiou l’envoie au Japon.
« — Et il est où, exactement ce Japon ?
Baldabiou leva sa canne de jonc en l’air et la pointa par-delà les toits de Saint-Auguste.
— Par là, toujours tout droit.
Dit-il.
— Jusqu’à la fin du monde. »
Île isolée de tous et de tout.
Aux confins du sauvage,
Elle n’est ouverte au commerce avec les étrangers que depuis quelques années.
Défilent alors sous nos yeux, la poésie
De moments suspendus et d’une sensualité inoubliable.
Une délicatesse étrange pour chaque geste,
Chaque regard de ses personnages.
Rien n’est anodin.
Aucun mot ne se perd.
C’est dans la maison de l’homme le plus puissant du Japon ; Hara Kei,
Qu’Hervé va faire la rencontre d’une vie.
« La jeune fille continuait à le fixer, avec une violence qui arrachait à chacune de ses paroles l’obligation de sonner comme mémorable. »
Rester là dans le silence de l’autre.
Dans la distance impénétrable.
Dans le désir inassouvi qui ne vivra jamais.
Que cette envie béante du corps de l’autre.
De sentir la soie de son sexe.

« Pour la première fois, elle détacha son regard d’Hervé Joncour, et le posa sur la tasse. Lentement, elle la tourna jusqu’à avoir sous ses lèvres l’endroit exact où il avait bu. »
Mais parfois,
Nous partons au bout du monde,
Chassant l’amour s’il en est,
Alors que le vrai, le prêt-à-tout pour vous, est juste là, près de vous…


• L’extrait :

« La vie bourdonnait à mi-voix, elle bougeait avec une lenteur pleine de ruse, comme un animal traqué dans sa tanière. Le monde semblait à des siècles de là. » 


• Mon avis :

J’aime lire ces livres-cadeaux,
Je cherche toujours en eux, le secret qui a bouleversé celui qui nous l’a offert.
Soie, d’Alessandro Baricco, fut une lecture de toutes les merveilles.
Par sa musicalité et le périple du voyage qui revient comme un refrain.
Un livre telle une chanson triste avec ses paysages lointains.
La densité de nos mystères humains, de l’appel des destins.
L’onirisme des silences qui dit bien plus que tout ce que l’on contient.


• L’auteur :

Alessandro Baricco*

 

alessandro-barrico
© Pascal Guittet

*Alessandro Baricco est un écrivain, musicologue et homme de théâtre italien.

Après des études de philosophie et de musique, Alessandro Baricco s’oriente vers le monde des médias en devenant tout d’abord rédacteur dans une agence de publicité, puis journaliste et critique pour des magazines italiens. Il a également présenté des émissions sur l’art lyrique et la musique sur la chaîne italienne RAI.

En 1991, il publie, à 33 ans, son premier roman, « Châteaux de la colère« , pour lequel il obtient, en France, le Prix Médicis étranger en 1995. Il a aussi écrit un ouvrage sur l’art de la fugue chez Gioacchino Rossini et un essai, « L’Âme de Hegel et les Vaches du Wisconsin » où il fustige l’anti-modernité de la musique atonale.

En 1993, il obtient le prix Viareggio pour son roman « Océan mer« . En 1994, avec quelques amis, il fonde et dirige à Turin une école de narration, la Scuola Holden – ainsi nommée en hommage à un personnage de J. D. Salinger – une école sur les techniques de la narration.

Passionné et diplômé en musique, Alessandro Baricco invente un style qui mélange la littérature, la déconstruction narrative et une présence musicale qui rythme le texte comme une partition.

Désireux de mêler ses textes à la musique pour les enrichir (puisqu’il les construit dans cet esprit), il demande au groupe musical français Air de composer une musique pour « City » (2001).

Il a également présenté des émissions à la télévision italienne (RAI) sur l’art lyrique et la littérature. Il est un des collaborateurs du journal La Repubblica où il a publié en 2006 un feuilleton, intitulé « Les Barbares ».

En 2008, il écrit et réalise son premier film, « Lezione 21 ». En février 2014, il révèle qu’il aurait décliné une proposition de devenir ministre de la Culture.

Baricco vit actuellement à Rome avec sa femme et ses deux fils, et publie encore des romans.

*Source : Babelio


• Références :

  • Soie
  • Auteur : Alessandro Baricco
  • Maison d’édition : Gallimard
  • Date de publication : 03.10.2001

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