À mains nues

• Le mood :

Un texte d’une grande liberté qui pose les questions de la jouissance intime, individuelle.
Du plaisir. De l’oppression familiale, des dogmes sociaux.


• L’histoire :

Voici un texte non fardé que celui d’Amandine Dhée.
J’ai trouvé en ce livre une construction narrative intéressante pour revisiter le désir et le plaisir féminin.
Un texte tantôt narré sous le spectre de la femme et mère d’un fils, tantôt par l’adolescente qu’elle fut un jour.

S’affrontent alors un jeu entre la position du « je » et la distanciation du « elle » permettant de visiter ces territoires sexuels différents selon nos âges.

De nos premiers pas maladroits jusqu’à nos prises de liberté, notre plaisir individuel.
Des questions aussi très actuelles sont abordées sur le genrisme, la place de soi au milieu du couple, notre corps de femme vieillissant.

Elle s’interroge et frappe fort, parfois.

N’aimer qu’une seule personne est-il un acte de rébellion face à la consommation d’aujourd’hui ?
Ou est-ce une norme sagement appliquée ?

Elle parle de toutes ces jeunes filles qui pensent à être désirables avant même de désirer.

Équilibriste du temps, elle oscille entre cette période de la découverte de la sexualité, ses maladresses, son ignorance.
Cette période où le sexe est une initiation sociale. Un rite initiatique.

Puis elle revient à sa place de femme, de mère, à ses désirs hurlant de ne pas être satisfaits.

« Mes choix tiennent-ils de la sagesse ou de l’obéissance ? »

Qu’est-ce qu’une famille normale au milieu de la fatigue des jours accumulés ?
Peut-on aimer cette famille tout en se sentant opprimée ?


• L’extrait :

« Sa virginité l’encombre comme un fantôme de petite fille. Elle aimerait savoir ce qui elle est de l’autre côté, qui elle est pas vierge. Qu’est-ce qu’on trouve quand on perd ? »


• Mon avis :

Si j’ai aimé ce texte pour les questions posées sans langue de bois, sa force et sa totale liberté, je lui ai néanmoins trouvées certaines facilités.
Ou du moins des digressions dont je ne partage pas la vision.

Je ne pense pas que contraindre des hommes qui n’aiment pas ça, au cunnilingus soit un acte de résistance ou politique pour les femmes.
Mais plutôt une agression contre laquelle les femmes se battent elles-aussi.
Que dirait-on d’hommes qui demanderaient des pipes systématiques sous prétexte de geste politique pour honorer la verge ?
Chacun est libre également d’aimer ou non les odeurs corporelles.
Je ne vois aucun acte politique là-dedans.

Une lecture donc intéressante car très personnelle finalement.
Elle permet la confrontation des idées, que je trouve toujours riches même/surtout quand je ne suis pas d’accord avec elles.
J’imaginais une approche plus profonde dans la manière de traiter le sujet que je pensais être plus nourri sur la jouissance et le plaisir féminin.


• L’auteur :

Amandine Dhée*

 

Amandine_Dhee
©Joseph Marando/ CCAS

*Née en 1980, Amandine Dhée est une écrivaine et slameuse originaire de Lille.
Son écriture s’inspire souvent de la vie quotidienne pour mettre en scène des histoires qui relèvent du poétique et de l’absurde.

Amandine Dhée est également comédienne et joue dans les compagnies de la ‘Minuscule Mécanique’ et des ‘Tambours Battants’.

*Source : Babelio


• Références :

  • À mains nues
  • Auteur : Amandine Dhée
  • Maison d’édition : Éditions de la Contre Allée
  • Date de publication : 17.01.2020

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