LA VISITE suivi de LES FILLES DE NOS FILLES

• Le mood :

Deux pièces de théâtre d’une grande profondeur sur LA FEMME. LES FEMMES.
Deux pièces qui mettent en scène l’écrasement, ce sentiment de vie volée.
Des femmes intellectuelles, scientifiques ou artistes spoliées par des hommes.


• L’histoire :

Je vous avais partagé récemment mon envie de replonger dans le théâtre.
Ce recueil contient deux pièces merveilleuses écrites par Anne Berest.

La première pièce : LA VISITE met brillamment en scène une jeune femme mariée au bébé fraîchement né, qui, sous nos yeux, dans un long monologue, essoufflée d’impossibilité de vivre comme elle aimerait, va perdre totalement pied.

La jeune femme accueille des invités qui arrivent chez elle, son mari n’est pas encore rentré. L’enfant dort.
Les invités deviennent les spectateurs d’un monologue jouant sur le rythme de la répétition pour faire monter ce sentiment d’angoisse névrotique, on l’imagine perdue, la voix chavirée.

Elle est chercheuse en sciences neuro cognitives.
Ils se sont rencontrés au CNRS.
Ils viennent de déménager dans le Minnesota après le Canada.
Elle ne s’y sent pas bien.

 

« (…) on m’avait prévenue tout est plus grand ici. Les steaks. Les mâchoires pour manger les steaks. Le ciel. Alors. Parfois. Je me sens un peu. Rétrécie. »

Lui est enseignant sur le Campus de Mineapolis.
Elle. Elle l’accompagne…
Pourtant s’il a gagné sa bourse, c’est parce que c’est elle qui a fini sa thèse à lui.Elle dénonce les oppressions et les dictatures sociétales sur le rôle d’une mère.
Le devoir du bon et mauvais gras.
L’allaitement.
Son bébé qui l’empêchera de soutenir sa thèse.

« La pire chose qui puisse arriver à une mère, vous savez ce que c’est, oui, la pire chose qui puisse arriver dans la vie d’une mère, c’est d’avoir un jour un enfant. Parce que, donner naissance à l’être qu’on va aimer le plus au monde, en sachant qu’il va mourir, c’est. Fabriquer le désespoir. »

Une ode à l’écrasement de la femme croulant sous le poids de la liberté de son mari.
L’annihilation de son intelligence, de tout mérite, presque de son existence.
Elle y aborde aussi le choc de son accouchement.
Son ennui terrible de l’enfant.
Un Monologue terrassant sur l’ordre moral du devoir de reproduction, mais aussi sur la place de la femme une fois devenue mère.

La seconde pièce : LES FILLES DE NOS FILLES est une pièce absolument jubilatoire.
Pleine de rebondissements, d’artistes torturés, de passé qui revient frapper à la porte du présent.
De femmes spoliées et vengeresses !

Les tourments du mensonge viennent un jour chercher leur vérité.
Philippe se terre dans une pièce en sifflant du vin pour oublier que Malair, est là, juste en bas, venu pour son vernissage de grands portraits.
Judith tente de raisonner ses angoisses d’artiste névrosé.
Mais il semblerait que la fuite de Philippe soit plutôt liée à une femme présente en bas.
Qui est-elle ?
Judith la voit arriver avec deux enfants bien peignés.
Seraient-ils « des jets de foutre » de Philippe ?
Elle vient de comprendre que c’était la femme des photographies de Philippe.
Les grands portraits que Malair veut acheter…

 


• L’extrait :

«  (…) c’est comme ça que j’imaginais les choses, que j’imaginais et pourtant je suis avertie, tous les livres, toute la littérature s’est écrite pour nous dire nous prévenir qu’aucun fantasme, qu’aucune fantaisie ne résiste à une seconde de réalité (…) » 


• Mon avis :

Deux pièces profondément différentes mais qui se lient en un thème, le destin de femmes.
Intellectuelles, scientifiques ou artistes spoliées par des hommes.
Des femmes dont la vie s’est écrite de manière plus « rétrécie » alors qu’elles auraient dû être à la hauteur de leur talent.

À lire absolument !

 


• L’auteur :

Anne Berest*

Anne_Berest
Copyright : ©BISSON BERNARD/JDD/SIPA

 

*Anne Berest est née en 1979. Elle vit et travaille à Paris.

Anne Berest est metteur en scène et ancienne rédactrice en chef des Carnets du Rond-Point.
Elle participe à la création d’ « Un pedigree » d’après Modiano avec Edouard Baer au théatre de l’Atelier.

En 2010 parait son premier roman « La fille de son père » au Seuil.
De janvier à avril 2011, elle écrit une chronique sur Paris dans le Journal du dimanche.
Elle interprète le rôle d’un médecin dans « La guerre est déclarée » de Valérie Donzelli.

*Source : Babelio


• Références :

  • LA VISITE suivi de LES FILLES DE NOS FILLES
  • Auteur : Anne Berest
  • Maison d’édition : Actes Sud
  • Date de publication : 15.01.2020

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