Quand viendra la vague

• Le mood :

Une courte pièce de théâtre qui détonne tant par sa forme que son sujet.
Alice Zeniter nous pousse dans nos pires retranchements.
Un récit d’anticipation brillant, drôle et grave à la fois.


• L’histoire :

« Je t’aime mais tu es pénible. »

Si vous étiez sur un petit rocher,
Attendant la fin du monde venue d’une vague,
Et que vous pouviez choisir qui sauver…
Qui épargneriez-vous ?
Et qui condamneriez-vous ?

Letizia et Mateo sont au sommet d’un rocher.
D’en haut ils entendent le clapotement de l’eau.
Ils attendent la vague.
La lente montée des eaux,
Anéantissant le monde avec elles.

« Je suis debout, comme la montagne. (…)
On peut imaginer qu’il y aura une sorte d’évolution des espèces pour garder la tête hors de l’eau. Tous les animaux s’essaieront à marcher sur deux pattes. »

Letizia et Mateo viennent de cette île encerclée.
Ils seront les premiers touchés…
Faudra-t-il cohabiter avec des vaches boudeuses devenues de vieilles ados rebelles ?

Commence alors un jeu.
Choisir qui mérite d’être sauvé et de monter en haut de ce rocher avec eux.

Un dialogue fin, plein de ces sujets fondamentaux
Lorsque plus rien d’autre que la survie n’a de sens.

Letizia et Mateo vont donc dresser une liste.
La liste de ceux qui pourront trouver refuge près d’eux,
Évitant cette fin du monde inéluctable.

Passant du promoteur immobilier au boulanger, du mouflon à l’ancienne copine de collège qui avait humiliée Letizia…
LA QUESTION est posée.
QUI aura le droit de vivre ?
QUI sera condamné ?

Alors ils imaginent La femme.
Celle qui aurait tout perdu.
Il semblerait que les poissons soient derrière tout ça…les animaux, les mauvais.
Et puis finalement c’est la férocité humaine.
Ceux qui se battront jusqu’à la mort pour être sauvés.

Moi aussi j’ai commencé à jouer…
Me demander qui je garderais.
Qui je condamnerais.
Laisserais-je plus d’animaux que d’humains ou l’inverse ?

Mais tout à coup,
C’est leurs coeurs qui se jouent.
Les rancoeurs.
L’abandon de Mateo.
Des mots durs qui ressurgissent.

Alors les juges deviennent des balances d’âme et pèsent qui pourra rester.
Les vices et les fautes passent.
Les natures humaines sont passées au crible.

Une vie humaine est-elle plus précieuse que celle d’une vache ?

QUI vit ?
QUI meurt ?

Une seule certitude.
La vague arrive.

« Une moitié de la population a littéralement disparu. »

Chaos. Fin du monde.
Mon esprit est avec eux. Mes yeux voient notre avenir à tous.
Mon coeur se serre.

Y’aura-t-il un monde après la vague ?
Un monde où s’aider,
Où se tendre la main ne sera pas vu comme un acte de faiblesse ?

En toile de fond se joue la scène du couple.
Car l’amour existe encore, même au bord du monde.


• L’extrait :

« C’est à cause de types comme lui qu’on en est là, à attendre la vague en tremblotant. Les types qui prélevaient du sable ici pour construire là, ceux qui brûlaient les arbres pour construire encore plus gros (…) »


• Mon avis :

Si l’on se prend au jeu, le texte nous prend au coeur par son sujet cruellement d’actualité.
Car oui, nous sommes au bord du monde.
Cela fait un petit bout de temps qu’il nous observe.
Alice Zeniter propose une pièce grinçante pour exposer un jeu aux allures de Jugement dernier et c’est délicieux !
Je me rend compte que je ne lis pas assez de théâtre, moi qui l’aime tant.
Alors je dis merci à cette amie, L’ivresse Littéraire qui m’a prêtée ce livre, parce qu’elle savait.


• L’auteur :

Alice Zeniter

 

alice-zeniter.jpg
Crédits : JOEL SAGET (AFP)

*Alice Zeniter est une romancière, dramaturge et metteur en scène française.

Née d’un père algérien et d’une mère française, elle est entrée à la Sorbonne Nouvelle en même temps qu’à l’École Normale Supérieure (Ulm). Elle a suivi un master d’études théâtrales, suivi de trois ans de thèse durant lesquels elle a enseigné aux étudiants de la licence. Elle est partie en 2013, sans mener à bien son doctorat, pour se consacrer uniquement à ses activités artistiques.

Elle a vécu trois ans à Budapest, en Hongrie, où elle enseigne le français. Elle y est également assistante-stagiaire à la mise en scène dans la compagnie théâtrale Kreatakor du metteur en scène Arpad Schilling. Puis elle collabore à plusieurs mises en scène de la compagnie théâtrale Pandora, et travaille en 2013 comme dramaturge pour la compagnie Kobal’t.

Alice Zeniter a publié son premier roman, « Deux moins un égal zéro » (Éditions du Petit Véhicule, 2003), à 16 ans. Son second roman, « Jusque dans nos bras », publié en 2010, chez Albin Michel, a été récompensé par le Prix littéraire de la Porte Dorée puis par le Prix de la Fondation Laurence Trân.

En janvier 2013, elle publie « Sombre dimanche », qui décrit la vie d’une famille hongroise et reçoit le prix du Livre Inter ainsi que le prix des lecteurs de l’express et le prix de la Closerie des Lilas. Elle publie « Juste avant l’oubli » en 2015. Il obtient le Prix Renaudot des Lycéens 2015.

Son roman, « L’Art de perdre » (2017), qui retrace, sur trois générations, la vie d’une famille entre la France et l’Algérie, a reçu de nombreux prix littéraires, dont le Prix Goncourt des lycéens.

Alice Zeniter écrit aussi pour le théâtre dont « Spécimens humains avec monstres » (2011), lauréat de l’aide à la création du CnT, « Un ours, of course ! « , spectacle musical jeunesse paru chez Actes Sud en 2015, « Hansel et Gretel, le début de la faim » (2018).

*Source : Babelio


• Références :

  • Quand viendra la vague
  • Auteur : Alice Zeniter
  • Maison d’édition : Édition L’arche
  • Date de publication : 21.08.2019

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