Lettres à Guillaume Apollinaire

• Le mood :

Il fait hot sur la planète Lou.
Découvrez les lettres de Lou écrites à Apollinaire exhumées par les éditions Gallimard en 2018. Un bijou de passion libertine et de liberté !


• L’histoire :

On ne connait parfois qu’un pan de l’histoire.
Ici jusqu’à l’an dernier, on ne connaissais que les poèmes et lettres à Lou.

Je pensais Lou un peu cruelle et terriblement volage.
Je la découvre tendre.
Amoureuse.
Patriote,
Oui parce qu’elle voue comme une vraie mission
À rassasier ces pauvres soldats qui vont au front.
Bon OK… et super volage …

« Je ne me suis jamais sentie la chose de personne comme je sens que je t’appartiens… Gui ! Mon Gui que j’adore ! Et de toi, je veux toutes les folies et toutes les voluptés !… »

De braise notre Lou.
La libre Lou.
Ses provocations espiègles et lubriques.
Pour soulever la violence, la jalousie
Et les coups d’Apollinaire sur son fessier qui lui est tout offert.

« Je me sens presque à ce moment qui sera si douloureux mais où je t’aimerai jusqu’à l’adoration…tu m’obligeras à lever bien haut mon petit derrière en signe de soumission…et à bien écarter mes grosses fesses, pour que ton regard de maître plonge partout… »

Lou jouit des soubresauts d’un train contre son bas ventre
Comme ça,
Devant un anglais qui aura tout vu
Sans avoir pu rien toucher.

C’est de l’amour
De la folie des corps ensevelis de passion.
C’est rouge et mauve à la fois
Ce sont les mots qui s’embrasent
Pour appeler les corps à s’unir sauvagement.
C’est une soumission
Qui appelle une pleine domination pour exciter le désir jusqu’à la jouissance extrême et liquide.

Puis les silences de Guillaume.
Ses mots pour raviver la passion
Le recueillir en son ventre.

« Mon Gui, je t’en prie, ne m’écris pas de choses si tristes quand nous sommes séparés. (…) J’ai besoin de ton coeur…ne me menace pas toujours de le reprendre !! Mon Gui, je t’aime profondément… Aime-moi comme une pauvre petite chose très meurtrie par la vie… très malheureuse…qui a de gros défauts…mais a aussi quelques qualités…et qui, je t’assure, est capable de t’aimer de tout son coeur… »

Elle lui écrit tant qu’elle peut
Même fiévreuse.
Les nouvelles de la guerre,
La politique et les armes que l’on fabrique…

Mais elle s’attriste de la baisse de nouvelles de son Gui
Qui, sans qu’elle le sache, a rencontré Madeleine…

L’intuition féminine ne ment jamais
Puisqu’elle écrit « (…)pas plus que je ne pourrai supporter que Gui aime quelqu’un d’autre que moi… »

Alors certes,
Çe ne l’empêche pas de flirter avec Toutou,
De s’enticher de soldats ou de tomber amoureuse.
Mais elle l’aime son Gui.

En toile de fond, la guerre et la maladie,
Lou se confie.
Elle ne sera plus la même après cette guerre qu’elle pense bientôt terminée…

Il y a des amours dont on ne sort pas indemne.
Il y a ces amours qui meurent malgré les lettres.
La distance est un leurre.
Mais les mots auront scellé cette passion
Par-delà les siècles.



• L’extrait :

« Mon petit derrière deviendra violet et bleu… Je crierai de douleur… Je te supplierai… N’en pouvant plus, je ferai des efforts désespérés pour me soustraire à la correction si dure, mais méritée… Mais tu es le plus fort. Tu me maintiendras de force dans la position soumise… Tes doigts entrant dans mon petit ventre qui se gonflera de volupté sous cette pression violente, mon petit derrière ne pourra plus fuir les terribles cinglades… »


• Mon avis :

J’ai totalement adoré ces lettres qui nous montre une Lou totalement survoltée, libre, un peu tarée sur les bords. L’une des toutes premières femmes aviatrices aussi.
Sa ponctuation effervescente, abondante pour manifester tous les maux de la passion et du manque.
Gallimard a d’ailleurs retranscrit la forme de ses lettres avec ses erreurs, ses dessins et ce n’en est que plus émouvant encore.


• L’auteur :

Louise de Coligny-Châtillon dite Lou

*Louise de Coligny-Châtillon, dite Lou, de son vrai nom Geneviève Marguerite Marie-Louise de Pillot de Coligny, est l’une des premières aviatrices françaises.

Elle est descendante en ligne directe de l’amiral de Coligny, massacré aux premiers instants de la Saint-Barthélemy. Élève de l’Institut Saint-Enfant-Jésus de Vesoul, après l’installation de sa famille à Dijon, elle fréquente l’établissement des dominicaines de cette ville. Elle s’y marie le 8 mars 1904 avec le baron de Coudenhove. Ce mariage ne dure pas. Le divorce du couple est prononcé le 11 mars 1912.

Elle est mentionnée dans les registres de l’École d’Aviation Deperdussin basée à Étampes aux côtés de Jane Herveu, Mlle Faïna et Mlle Vandersy. Les quatre aviatrices après s’être entraînées à Pau arrivent à Étampes en 1912.

Le décès de son père en 1913 est à l’origine d’un litige avec sa mère au sujet de l’héritage paternel. Durant cette période difficile, elle peut cependant compter sur le soutien de son ami et amant Gustave Toutaint.

Un jour de septembre 1914, alors qu’elle loge chez sa cousine Edmée, dans la luxueuse villa Baratier de Saint-Jean-Cap-Ferrat, elle rencontre le poète Guillaume Apollinaire (1880-1918) à Nice. L’écrivain tombe amoureux d’elle et ils entretiennent une courte liaison puis une correspondance enflammée en 1914, avant qu’il ne parte à la guerre.

Ils rompent en 1915 mais entretiennent ensuite une correspondance quasiment quotidienne, Apollinaire étant parti au front en Champagne. La dernière lettre d’Apollinaire, assez froide, est datée du 18 janvier 1916. Leur correspondance amoureuse, telle que rédigée par Apollinaire, représente 220 lettres et 76 poèmes, souvent inclus dans les lettres.

Louise de Coligny-Châtillon fut la compagne du notaire Charles Cousin, de deux ans son cadet, qui mourut en 1926.

En 1947, elle fit publier chez l’éditeur suisse Pierre Cailler les 76 poèmes et bouts rimés extraits de la correspondance d’Apollinaire. Cet ouvrage, présenté sous le titre « Ombre de mon Amour » fut vivement contesté par sa veuve Jacqueline et fut réédité plus tard sous le titre « Poèmes à Lou ».

*Source : Babelio

• Références :

  • Louise de Coligny-Châtillon dite Lou / Lettres à Guillaume Apollinaire
  • Auteur : Louise de Coligny-Châtillon dite Lou
  • Maison d’édition : Gallimard
  • Date de publication : 25.10.2018

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