Une Rose et un Balai

• Le mood :

Un cantonnier fribourgeois écrit ses mémoires de Balayeur de rue.
Avec toute la poésie et la liberté d’un homme hors du temps.


• L’histoire :

C’est l’histoire d’un cantonnier fribourgeois
Qui tenait en son char, une rose et un balai.

« C’est un vrai travail ingrat, mais d’où la grâce n’est pas absente ; elle y affleure même à tout instant. Un métier sale, certes, mais pas un sale métier. »

Michel Simonet nous raconte
Dans un petit traité ;
Véritable bijou de lettres,
Son panthéon de Fribourg.

Si le balayeur de rue est tout à sa tâche affairé,
Si vous ne le regardez plus lorsque vous le croisez,
Lui, ne rate rien de ce quotidien ballet.

Des fulgurances de rue, de lune et de déchets.
Il s’amuse des mots et des images
Pendant ses longs nettoyages.

« (…)un trottoir jonché de mégots équivaut à un passage à tabac. »

Introspection et voyage
Dans les pas de ce balayeur hors du temps.

Oiseau de nuit,
Il observe cette autre vie qui s’éveille.
Boulanger partant en tournée,
Specimens alcoolisés
L’auteur nous ouvre les portes
D’un monde qui commence aux aurores.

Quand les maisons dorment encore,
Que les avinés chantent en choeur.
Observer, s’évader, balayer.

L’alcool allait bon train chez les anciens.
Un temps aussi de la solidarité entre collègues.
C’est aussi ça, les mémoires d’un cantonnier.

« Alors, on allait du boulot au goulot, coude levé pour ne pas baisser les bras, et le sobri-été plutôt dans les ustensiles et moyens de travail. »

On s’amuse des anecdotes.
On revit ces lieux perdus de rue.
On se délecte des personnages aux noms tout droit sortis d’un autre siècle.
« Madame Ruth de Berne » et son orgue de Barbarie.
Le disparu Snack Grill Gigi.

L’histoire de la vieille dame octogénaire nourrisseuse de pigeons
qui bravait le panneau d’interdiction !

« Elle avait rendu au moins un homme heureux, celui qu’elle n’avait pas épousé. »

Ces vieux copains perdus et Madame Cécile ; la généreuse.
J’imagine alors Johnny du séchoir se gausser entre deux goulées de rouge
Sur fond de tambours de séchoir en La mineur.

Des listes d’objets trouvés.
Des amitiés.
Et puis toujours cette histoire de progrès !
Le char du balayeur laissant place
À la trompe du nouveau monstre nommé Glutton.

Qu’il est beau, qu’il est bon ce Panthéon.


• L’extrait :

« Un travail solitaire, mais pas isolé, où il faut bien s’entendre avec soi-même, qui autorise la méditation, pourquoi pas le rêve, à ne pas confondre avec la distraction ou l’étourderie qui peuvent alors vous mener dans la lune, même si là-haut il n’y a rien à balayer. »


• Mon avis :

Coup de coeur.
Je ne m’attendais à rien et j’y ai trouvé tant de sensibilité et d’humanité.
Je l’ai lu avec le plaisir de l’enfant à qui l’on raconte une histoire.
Un bonbon de lettres et de rêveries.
J’aurais pu rester là, sur le trottoir à écouter cet homme libre raconter la vie qu’il a choisie.


• L’auteur :

Michel Simonet.

michel_simonet

*Enfance à Zurich, puis à Morat et dès ses huit ans à Fribourg.
A fait le Collège Saint-Michel et y a obtenu un diplôme commercial, puis a travaillé durant quatre ans dans une station de radio. A fait également un peu de théologie.
Travaille en tant que cantonnier pour la ville de Fribourg depuis 1986. (*Source : Babelio)


• Références :

  • Une Rose et un bBalai
  • Auteur : Michel Simonet
  • Maison d’édition : Faim de siècle // Pocket
  • Date de publication : 01.01.2015

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