Personne n’a peur des gens qui sourient

• Le mood :

Un roman à suspens dont l’intrigue prend place entre lac et forêt.
Une véritable bascule psychologique menée avec brio.


• L’histoire :

Les sourires cachent parfois bien des choses.
Tantôt, ils nous protègent.
D’autres fois ils protègent l’autre d’une vérité que l’on préfère taire.
Ou encore, ils abritent de terribles desseins…

En cette journée de juin,
Gloria a décidé de partir.
Il est question de leurs vies à toutes les trois.
En plein après-midi, elle récupère ses deux filles à l’école.
Loulou 6 ans puis Stella, collégienne.
Un sac à dos, des affaires.
Le portable confisqué.
Grisée et en même temps effrayée par ce départ, elle quitte les rives de Méditerranée pour le nord, Kayserheim.
Une maison sombre d’Alsace au milieu de la forêt.
Là où elle partait enfant.
Gloria a toujours été très solitaire.

« Si elle ne s’aimait pas beaucoup, elle se préférait encore aux autres. Ce qui est une posture qui vous sépare de manière certaine de vos contemporains. »

C’est seule qu’elle a affronté la mort de son père, avec Tonton Gio.
Puis il y eu Samuel, elle était si jeune.
Ses cheveux de jais.
Son corps si frêle et ses seins déjà imposants.
Elle est aujourd’hui de retour dans cette maison du nord.

« Grâce aux boîtes à système et à Perec, il oubliait un instant le cri métallique des cigales et la laideur du monde. »

Un refuge aux détails de poussière.
Les souvenirs ressurgissent.
Les photos racontent, pendant que les araignées se baladent,
Dérangées.
Rien n’a bougé.
Gloria en louve, couve sa petite meute.
Alerte au moindre danger…
Le lac aux nénuphars.
Les vieux meubles qui pourraient les effrayer.
Mais qu’a-t-elle fuit ? Ou bien qui ?

Elle regarde ses deux filles grandir.
L’une dans la naïveté de l’enfance et l’autre dans l’entre-deux âges.

« (…) elle était là, indiscutablement, tapie dans les recoins de son corps, chaque âge était comme une enveloppe autour de son noyau central (..) »

Gloria est mystérieuse.
De ces personnes qui ne livrent pas leurs secrets.
Ancienne ado amoureuse d’un faiseur de petits larcins.
Aspirant faussaire, voleur pour antiquaire verreux…

« Tu n’as pas remarqué qu’on nous demande de toujours sourire pour ne pas effrayer les hommes ? »

Enrayer la malédiction.
Cette mère dont elle est le fruit de l’abandon.
Sa fille ne sait pas encore que sourire peut sauver…

« Pendant des années, Gloria avait senti sa colère devenir un béton assez dur pour que quiconque s’y brisât les phalanges en y cognant les poings. »


• L’extrait :

« Que fait-on d’une colère que l’on garde toujours pour en soi ? Devient-elle une vilaine tumeur ? Un mélanome sur la peau du bras ? Une petite boule de cheveux au fond de l’utérus ?  »


• Mon avis :

J’en dis très peu de chose ici car l’intrigue mérite d’être entièrement découverte.
Un roman noir très bien mené par une Véronique Ovaldé qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement final.
Une bascule psychologique qui surprend.
Des thèmes intéressants abordés : l’adolescence, le manque d’amour, la construction bancale d’une vie.
La narratrice apporte une certaine distance tout en maintenant le suspens à son comble en alternant son récit entre passé et présent.
Entre lac et forêt.
Tout en ponctuant l’avancée des personnage de son avis et de détails qui augmentent le champ de vision lecteur…


• L’auteur :

Véronique Ovaldé

Veronique Ovalde
Crédit photo : Christian Kettiger

*Véronique Ovaldé est une écrivaine française.

Elle entre rapidement dans le milieu de l’édition après un BTS à l’École Estienne. Elle se lance ensuite dans des études de lettres par correspondance alors qu’elle travaille comme chef de fabrication.
Parallèlement à son travail, Véronique Ovaldé publie son premier roman en 2000 intitulé « Le sommeil des poissons ».

Au fur et à mesure de la parution de ses romans, l’écrivaine se fait remarquer dans l’univers littéraire. « Toutes choses scintillant » sort en 2002, la rentrée littéraire 2005 est marquée par « Déloger l’animal », « Et mon cœur transparent » est récompensé en 2008 par le prix France Culture/Télérama.

Pour Véronique Ovaldé, la consécration est arrivée en 2009 avec les trois récompenses: le prix Renaudot des lycéens, le prix France Télévisions et le grand prix des lectrices de « Elle » saluent la sortie de « Ce que je sais de Vera Candida », son septième roman.

En plus de ses romans, l’auteure et éditrice a signé un livre pour la jeunesse avec « La très petite Zébuline » en 2006, et un recueil de nouvelles intitulé « La Salle de bains du Titanic » en 2009. « Paloma et le vaste monde », illustré par Jeanne Detallante, obtient le Pépite du livre 2015, Catégorie Album.

Ses romans sont traduits dans de nombreuses langues (italien, espagnol, allemand, roumain, portugais, anglais, coréen, chinois, finnois, etc.).

Véronique Ovaldé est également éditrice chez Points, responsable du roman noir, de la poésie et de la collection Signatures (groupe La Martinière). Auparavant chez Albin Michel, elle a notamment travaillé sur « Le club des incorrigibles optimistes » de Jean-Michel Guenassia (Prix Goncourt des lycéens 2009) et de « Jusque dans nos bras » d’Alice Zeniter.

En 2016, elle publie « Soyez imprudents les enfants » et est nommé présidente de la commission Vie littéraire du CNL pour un mandat de trois ans.

(*Source : Babelio)


• Références :

  • L’amour
  • Auteur : Véronique Ovaldé
  • Maison d’édition : Flammarion
  • Date de publication : 06.02.2019

Un commentaire sur “Personne n’a peur des gens qui sourient

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