Ásta

• Le mood :

Un roman puissant, délicat qui vous glace de son air des fjords et vous réchauffe de la chaleur des cheminées et des corps enflammés islandais.
Un roman qui raconte la vie, le destin, nos questions et nos regrets.
Un grand livre.


• L’histoire :

« Je te baptise Ásta parce qu’une autre Ásta a péri sur une lande glaciale, en crachant du sang, sacrifiée sur l’autel de son père. »

Il fait froid sur ce trottoir de Norvège.
Une femme inquiète se penche au-dessus de lui en lui parlant.
Il ne comprend pas le norvégien.
Sigvaldi repeignait une façade d’immeuble et maintenant il gît au sol.
Entre lui et le ciel,
Ses souvenirs qui lui reviennent à chaque battement de cils.

« Donnez-moi un nom et la Faucheuse me trouvera moins facilement. »

Pas de chronologie.
On ne commande pas les images quand la vie s’enfuit.

1950.
Reykjavik en Islande.
Sigvaldi et Helga, la plus belle femme de cette ville,
Décident de nommer leur fille Ásta.
Ast signifie Amour en Islandais.

Helga. L’esprit errant et dépressif.
Mais un désir qui consument leurs corps et leur âmes.
Son impossibilité d’être mère lui dictera l’abandon.

Puis ce sont les lettres d’amour d’Ásta qui ponctuent le récit.

« Jamais je n’aurais imaginé qu’un canapé puisse pleurer. Où que tu sois, sache que je t’aime. »

Joseph, son amour de toujours.
Son amour d’un jour dans cette ferme, au creux des fjords.
Le froid et le labeur. Les brumes et le silences.
Cette vieille Karin qui se réveille à des époques différentes pour mieux fuir l’absence.
Ce fermier mutique et immense.
C’est pourtant ici qu’elle retrouve un sens.
Le travail, la paix.
L’évidence sans les mots pour la dire.

« Le fermier se racle la gorge, pète, puis annonce sans quitter l’animal des yeux, tu n’as rien à faire aujourd’hui, je te trouverai de l’occupation demain. Puis il sort dans le soir pour se mesurer à la vie en combat singulier. »

Les errances de Sigvaldi interrogent la vie.
Qu’est-ce que vivre ?
Les questions ne nous mènent-t-elles pas à la folie ?
A-t-on trop peu ou trop aimé ?

Un texte qui retrace la vie dans son entièreté.
Le labeur, l’amour, nos erreurs.
L’errance, l’enfance aux prises avec une mère dépressive, les choix, les trahisons, les lâchetés.

Mais le bonheur est-il seulement possible si le malheur est inexistant ?
Un récit à la lueur des aurores boréales qui nous soufflent les rêves des Dieux.

 


• L’extrait :

« La littérature devrait-elle donc avant tout nous préparer à mourir plutôt que de nous aider à vivre ? »


• Mon avis :

Ce livre m’a été offert par Amandine du très joli blog L’ivresse Littéraire.
Elle en avait fait un article immense, depuis des semaines elle me disait que e devait le lire.
Je résistais ne sachant pas à quoi m’attendre et dès les premières pages j’ai eu le souffle coupé.

Une construction incroyable qui ne respecte aucune chronologie et nous immerge complètement dans cette expérience pré-mortuaire.
Les images de la vie nous reviennent avec Sigvaldi.
On découvre des paysages glacés et des scènes enflammés.
On déterre des regrets, allongés là, sur le pavé.

On suit un rythme et des styles différents.
L’écriture épistolaire d’Ásta interrompant le roman, et parfois le narrateur se posant lui-même des questions sur ce qu’il doit nous révéler ou pas.

Ásta, c’est une expérience hors du commun.
Hors des sentiers déjà foulés.
C’est effrayant et excitant.
Un véritable coup de coeur pour moi !

Mille merci mon Amandine de me l’avoir fait découvrir ❤

PS : un immense bravo au traducteur Éric Boury pour avoir su retranscrire avec brio l’univers et les mots de cet auteur islandais. J’ai été transportée.


• L’auteur :

Jón Kalman Stefánsson

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Jón Kalman Stefánsson est un auteur islandais.

*Après avoir fini ses études au collège en 1982, il travailla en Islande de l’ouest (dans les secteurs de la pêche et de la maçonnerie). Il entreprit ensuite des études en littérature à l’Université d’Islande de 1986 à 1991, mais sans les terminer. Pendant cette période, il donna des cours dans différentes écoles et rédigea des articles pour le journal Morgunblaðið.

De 1992 à 1995, il vécut à Copenhague, où il participa à divers travaux et s’adonna à une lecture assidue. Il rentra en Islande et s’occupa de la Bibliothèque municipale de Mosfellsbær jusqu’en 2000.

Son premier roman paraît en 1997 en Islande, mais c’est avec la trilogie romanesque composée de « Entre ciel et terre » (Himnaríki og helvíti, 2007), « La Tristesse des anges » (Harmur englanna, 2009) et « Le Cœur de l’homme » (Hjarta mannsins, 2011), qu’il s’impose dans le monde entier comme un écrivain de premier plan.

Il a reçu de nombreuses distinctions dans l’ensemble des pays où son œuvre est traduite. En France, son roman « D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds » (Fiskarnir hafa enga fætur, 2013), prix Millepages, Meilleur livre étranger 2015 Lire, a été finaliste du prix Médicis étranger.

(*Source : Babelio)


• Références :

  • Ásta
  • Auteurs : Jón Kalman Stefánsson
  • Maison d’édition : Éditions Grasset
  • Date de publication : 29.08.2018

 

 

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