Tous les hommes désirent naturellement savoir

• Le mood :

Un livre morcelé, comme un poème.
Un livre sur la dualité, l’exil, la quête d’identité, l’affirmation de son homosexualité entre un Paris et Alger.


• L’histoire :

« La France c’est le vêtement que je porte, l’Algérie c’est ma peau livrée au soleil et aux tempêtes. »

Nina Bouraoui a quitté l’Algérie à 14 ans.
En 1981. Juste avant l’horreur.
Elle emporte tout à Paris.
Les images.
Les souvenirs.
Chechell. Oran.
Elle interroge celle qu’elle aurait pu être si elle était restée vivre là-bas.
Aurait-t-elle été homosexuelle comme aujourd’hui ?

Remonter le temps.
L’identité et le passé d’une famille pour tenter de savoir.

À Paris, Nina sort au Kat.
Pour y voir serveuses et call-girls.
Dans l’espoir unique d’être aimée.
Se mêlent alcool, ecsta, héro, et bagarres.

« Je cherche une main pour traverser ces champs de corps qui me sont étrangers, mais qui éprouvent un désir identique au mien : être aimés. »

Une double vie qu’elle enfouie.
Embrasser la terre et son corps.
Celle des hommes qui s’étreignent.
Refuser d’être cette femme.

« Je suis l’enfant des hommes couchés. »

Être étreinte par la peur.
Les premiers écrits qui naissent ici.
Dans l’antre des nuits.
Les mots du monde. De sa violence.
Celle des hommes.
Sa mère et ses silences.
Les humiliations et la honte.

« J’ai appris à nier ce que l’on ne peut nommer. Sans mot rien n’existe, tu comprends ? »

Le coeur scindé en deux.
La fusion maternelle.
L’obsession de la disparition.
Elle dessine sous nos yeux le chemin de son adolescence.
De la découverte. De l’affirmation de son homosexualité.
Elle en écrit les impasses.
Les craintes.

« J’associe la rencontre à un enlèvement, le premier baiser à un crime. »

Elle écrit aussi la douceur du soleil d’Algérie.
J’ai lu ce livre comme un poème.
J’ai lu ce qu’elle ne disait pas.
Ce que l’on aimerait savoir. Les silences.
Ce texte s’apostrophe de souffle.
Puis d’apnée. Dans l’indicible et l’insupportable.
Une intégration au prix des souvenirs au bûcher.

« Nous sommes les parents de nos oublis et de nos mensonges. »


• L’extrait :

« Ici la misère n’est pas belle. »


• Mon avis :

J’avais beaucoup aimé Beaux Rivages de la même auteur et j’attendais ce livre avec impatience.
Un livre chapitré entre le souvenir, le devenir et le savoir.
Un livre morcelé à l’image de la vie de l’auteur.
J’ai beaucoup aimé ce texte. Parce que j’ai découvert une Algérie que je ne connaissais pas. Dans sa beauté comme dans sa noirceur.

J’ai retrouvé cette poésie de Nina Bouraoui qui ne se cherche pas.
Qui existe, juste là.
J’ai été terriblement émue de la pudeur et l’amour avec lesquelles elle parle de sa mère.
Un livre tout en dualité.
Deux pays. Deux coeurs, deux identités.
C’est un très beau témoignage sur la quête d’identité, de construction de soi au travers de l’exercice de mémoire.


• Les auteurs :

Nina Bouraoui

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Nina Bouraoui, écrivain, est née à Rennes en 1967, d’un père algérien originaire de Jijel et d’une mère bretonne.

Les quatorze premières années de sa vie, elle les passe à Alger avec sa soeur. Puis elle vit à Paris, Zurich et Abou Dabi avant de revenir à Paris.

Dans ses romans, elle écrit sur l’amour, l’homosexualité – elle ne cache pas la sienne, l’identité et ses troubles ainsi que sur son enfance algérienne dont elle conserve la nostalgie. À la différence de ses autres romans (même du Bal des murènes dans lequel il s’agit d’un narrateur masculin), Avant les hommes n’est pas revendiqué par l’écrivain comme étant autofictionnel.

Dès son premier roman en 1991 s’affirme l’influence de Marguerite Duras dans son œuvre. La vie et les œuvres de Hervé Guibert, Annie Ernaux, Violette Leduc et David Lynch, parmi d’autres, se retrouvent aussi dans les romans (et les chansons) de Bouraoui, surtout dans Mes mauvaises pensées. Le déracinement, le désir et l’écriture sont les thèmes majeurs de son travail.

Un de ses poèmes a été repris par le groupe Les Valentins et mis en musique dans la chanson La Nuit de plein soleil.

Elle est Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres et ses livres sont traduits dans une quinzaine de langues.

Son neuvième roman, « Mes mauvaises pensées », obtient le prix Renaudot en 2005. 

*Source : Babelio


• Références :

  • Tous les hommes désirent naturellement savoir
  • Auteurs : Nina Bouraoui
  • Maison d’édition : JC Lattès
  • Date de publication : 22.08.2018

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