Ça raconte Sarah

• Le mood :

Ça raconte Sarah, c’est le sifflement du souffle de la passion qui arrive jusqu’à votre peau.
Qui embrase l’épiderme d’un long frisson.
Je l’ai lu comme on tombe amoureuse. Arrachée à soi, dans un consentement absolu.


• L’histoire :

« Ça raconte Sarah, sa beauté inédite, son nez abrupt d’oiseau rare, ses yeux d’une couleur inouïe (…). Ça raconte le printemps où elle est entrée dans ma vie comme on entre en scène, pleine d’allant, conquérante. Victorieuse. »

Le livre s’ouvre sur le lit des amantes.
Leurs corps brûlants et moites.
Les esprit épuisés par la peur.
La maladie. Latente.

La narratrice attend.
Une vie sans surprise et sans éclat.
Le père de sa fille parti un matin pour ne plus revenir.
La sidération de l’aberration qui vous frappe.

« Il y a des magnolias en fleurs dans les squares parisiens, et j’ai dans l’idée que ça écorche le cœur de ceux qui les remarquent. »

Un nouveau compagnon.
Un passe-temps.
Mais derrière ; une latence.
Cette chose.
Et puis le 31 décembre.
Et puis Sarah.

Sarah c’est une porte qui claque.
Un vent qui vous décoiffe.
Une tornade, un éclat de rire !
Trop maquillée, trop exaltée.
Violoniste.
Elle invente, elle s’exclame. Elle est vivante.
Elles s’écrivent.
Un peu, et puis de plus en plus.
L’hiver se retire en silence.
Elles se voient. Des concerts, le théâtre.

Latent.
Ce mot qui hante sa vie. Une ombre.

« C’est le temps qu’il y a entre deux grands moments importants. »

Elle ne comprend pas ce qu’elle entend, ni ce qu’elle écoute.
Mais elle est exaltée.

Ressent chaque note.
La voir dans cette longue robe noire pour la première fois.
Premiers émois.
Premiers Toi.

Puis l’allumette qui craque.
La cigarette qui embrase le tout.
Le courage de l’aveu.
Ce désir d’être avec l’autre quoi qu’il en coûte.
« Je crois que je suis amoureuse de toi. »

Sarah comme Souffre.
Le souffre qui exhale. Symbole S.
S comme Sarah.
S comme souffrir.
Ses yeux de Serpent.
Les flammes. Le feu. La foudre.
Les mains qui tremblent des couleurs de la nuit, de son odeur.

« Elle m’écrit tout le temps. Elle me demande si c’est dur, aussi, pour moi, toutes ces séparations. Elle me supplie de l’attendre, elle me promet de revenir le plus vite possible. Dans cette tempête, elle est capitaine de navire. Je deviens femme de marin. »

Latence. Comme un symptôme.
L’extravagance. La passion.
Ce sont des trains de nuit, de jour
De bruits et d’amour.
C’est le goût des larmes salées les jours de départs
C’est cette vie sans sommeil.

« (…) elle allume des clopes, elle a de la sueur entre les seins, elle rit, elle dit c’est drôle je n’ai jamais sommeil avec toi, les nuits sont plus belles que nos jours. »

La dévoration par la mort.
La folie et son parfum.

« Les dernières secousses de l’avion qui doit ressembler, de loin, à un oiseau qui s’ébroue un jour de soleil dans une rigole d’eau de pluie. »


• L’extrait :

« Je ne parviens pas dans cette nuit moite, à détacher mes yeux de son corps nu et de son crâne cireux. De son profil de morte. »


• Mon avis :

Un solo de mots.
Une symphonie d’échos.
Une ode à Proust.
Son temps retrouvé et ses souvenirs d’enfance.
Duras et cette mort qui lui colle à la peau.
L’amour et son échec,
L’amour Durassien.

Je l’ai lu d’un Souffle, d’un S qui ne s’arrêtait plus de battre dans ma poitrine.
Les paragraphes s’écoutent et se répondent.
Les mots se font échos.
Conversent entre eux, animés d’une passion qui frappe le sol comme les sabots de chevaux au galop.
Le jeu des doubles sens.
Je les relis, les déconstruit puis les relie entre eux pour former des sens cachés.

J’ai été plus emportée par la première partie que la seconde.
Même si je goûtais chaque mot. Peut-être que je rejetais aussi la mort, la part de fiction. Que j’avais envie d’encore plus de Sarah et que cette seconde partie sans elle m’a semblé moins intense.

C’est un grand coup de cœur, que je n’oublierai pas.


• L’auteur :

Pauline Delabroy-Allard

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Née en 1988, Pauline Delabroy-Allard est professeure documentaliste au lycée Michelet de Vanves (Hauts-de-Seine). Elle a écrit pour « En attendant Naudeau », journal en ligne de littérature, des idées et des arts.

« Ça raconte Sarah » est son premier roman.

*Source : Babelio


• Références :

  • Ça raconte Sarah
  • Auteur : Pauline Delabroy-Allard
  • Maison d’édition : Les Éditions de Minuit
  • Date de publication : 06.09.2018

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