Balles perdues

• Le mood :

C’est l’histoire d’un déclassement social.
D’une hyper-sensible. D’une vie volée. D’une vie ratée.
Vous êtes en Floride. Une fille et sa mère vivent dans une Mercury sur un parking depuis vingt ans.
Bercées de chansons d’amour. Ici ouvrir son cœur peut être mortel.
Les armes à feu, la drogue et puis l’errance.


• L’histoire :

Si vous pensiez embarquer pour la Floride et un roman léger,
Il n’en est rien.
Pearl vit à l’avant d’une Mercury avec sa mère Margot.
Sur le camping d’un camp de caravanes.
À côté d’une déchetterie.
Ça fait 15 ans.

« Ma mère avait raison. Dans notre coin de Floride, tout était perturbé. La vie était toujours comme une chaussure qu’on aurait mise au mauvais pied. »

Elles mènent une vie fusionnelle depuis toujours, bercée de bonbons et de chansons d’amour.
Margot est une hypersensible.
Le cœur en sucre. Le cœur tout mou.
Elle lit les fêlures, les tessons de verre et les arbres à l’intérieur des hommes.
Elle voit mais pourtant ne se protège pas.

Margot a fui un père nocif et respire aujourd’hui de l’insecticide Raid et les rejets toxiques de la déchetterie.

« Si tu ne rêves pas la nuit, alors il n’y a que cette vie qui compte. Tu n’as pas d’autre endroit où aller. »

Elle a sauvé sa fille, Pearl.
La peau pâle et les yeux gris, comme ses cheveux.
Sa prunelle.
En emportant les vestiges de son ancienne vie remplie de domestiques.
Porcelaine de Limoges, rang de perles, rubans de soie…

Pearl a grandi entre un levier de vitesses et une boîte à gants.
Elle n’a qu’une seule amie. Avril May.
Elles fument ensemble des cigarettes au bord de la rivière remplie d’alligators.
S’amusent à y mettre un pied.
Provoquant un destin qui ne vient jamais.
Mènent des chasses au trésor au milieu des déchets avec cette peur de tomber sur la mort.

La mort, c’est bien ce qui rôde tout autour d’elles.
Ce quotidien poussiéreux est en train de changer.
Eli, un mystérieux texan vole le cœur de sa mère.
Et l’emporte là où Pearl ne peut les suivre.

Tout bascule.
Au fond du parking ; la caravane du Pasteur Rex.
Puis celle de Ray et Corazon.
Doucement, Pearl découvre qu’Eli et eux trempent dans le trafic d’armes.

« Dans notre coin en Floride, on avait tendance à faire cadeau d’une balle pour tout et n’importe quoi. »

Les âmes errantes se retrouvent ici.
Les disparus d’ailleurs.
Les déclassés. Ceux pour qui le temps s’est arrêté.
Ils semble qu’il ne peut plus rien leur arriver de bon.
Est-on plus libre ailleurs ?

Un revenant. Puis le corps qui se crible de balles qui s’y perdent.
Pourtant de ses doigts sur un piano, Margot aurait pu arrêter le monde.

« Ma mère jouait, et la mélancolie et la beauté russes se sont abattues comme une obscurité sur la Floride, et ont métamorphosé l’État du Soleil en l’endroit le plus triste au monde. »

Une terre où la beauté n’a pas sa place.
Où les rêves sont mieux que la vie.


• L’extrait :

« Les perles autour de mon cou pleuraient la mer perdue. »


• Mon avis :

Une auteure qui cache des sucreries dans ses mots, des objets et des esprits.
Une poésie qui se chausse d’un regard profond.

C’est une critique violente et sauvage et cette société américaine qui juge mais qui délaisse.
C’est une histoire d’abandon et d’errance.
De chemins mal choisis et dans lesquels on s’enfonce.
C’est le récit de la violence qui s’abat par hasard sur les cœurs les plus tendres.

On avance au travers du récit de Pearl, cette adolescente de 14 ans qui nous étonne par sa maturité, sa force.
Quand le récit bascule on est balloté, on la suit sans comprendre alors ce qui nous attend encore.
La tragédie appelle la tragédie.

Mille mercis à Flammarion et à Europe 1 pour ce cadeau.
C’est une lecture que je recommande à tous.


• L’auteur :

Jennifer Clément

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*Jennifer Clément est née dans le Connecticut mais ses parents ont déménagé à Mexico alors qu’elle n’avait qu’un an.
Jennifer Clément vit à Mexico city.
Prières pour celles qui furent volées a reçu un accueil enthousiasme, finaliste du prix Fémina 2014, finaliste du grand prix des lectrices Elle 2015, il est en cours de traduction dans de nombreux pays.

*Source : Flammarion


• Références :

  • Balles perdues
  • Auteur : Jennifer Clement
  • Maison d’édition : Éditions Flammarion
  • Date de publication : 22 août 2018

 

3 commentaires sur “Balles perdues

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