Simple

• Le mood :

Un roman qui dépayse. Au cœur du maquis, il est un petit village. Et comme dans chaque village, il y’a le Baoûl ! Le mongole, le simple… On suit son histoire terrible comme un thriller sombre, mais qui nous étreint le cœur. Beaucoup de tendresse au milieu de la violence.


• L’histoire :

 

Lui, c’est Antoine Orsini.
Né dans le maquis.
Les parisiens ? Ourmf ! De la chair à saucisse !
Mais on ne l’appelle pas Orsini.
Ici, c’est Ô le baoul !
Le mongole, l’idiot du village, le simple…
Les mains sales, les joues crotteuses.
Il a trouvé une chaise.
Et il va tout lui raconter à sa chaise !
Son histoire, la prison.
Ah ça c’est qu’il y retournera plus !
Et puis les histoires des autres.
Toujours perché dans un arbre le baoul.
Lui, il a tout vu.

Alors il lui raconte tout à sa chaise.
Son amour du cagnard et le bruit des frelons.
Son short qui se coince et hop ! Un fou rire.

Avec sa chaise.
Mongol qu’ils lui disent les autres.
Ils en disent tellement ces autres.
Petit on l’appelait le putois, le pouilleux.
On lui collait des chewing-gum dans les cheveux.
Mais Madame Madeleine, elle, elle était gentille.

Au village ils disent des choses.
Que c’est lui qui a tué Florence Biancarelli.
Pourtant c’était sa meilleure amie.

Tout le monde boit ici.
Tout le monde a un secret ici.

« Les alcooliques ils se saoulent pour que la vie soit plus rapide que l’ennui. »

Dans sa tête à Antoine y’a tout qui s’empile.
Il oublie rien.
Mais ça vient jamais dans l’ordre.

Florence elle avait pas de père.
Et y’a l’autre là,  l’Extraterrestre qui est obsédé par Florence.
Il lui demande même de la filer pour la surveiller.
Plein de thunes qu’il lui promet.

Aujourd’hui il n’a plus d’électricité.
Le RSA c’est pas assez.
Son père et sa violence.
Ses mots de chien, de clébard pas dressable.
Il préfère les choses aux hommes.

« (…), je préfère les choses que les hommes. Avec ma chaise je suis tranquille, c’est le silence. »

Raconte des légendes effrayantes aux gosses du lac.
Cet enfant qui n’a connu que les coups
Puis c’est la chaise qui prend toute sa violence
Les pieds se fendent
Les insultes traversent les trous.
La mort. Un trou dont on ne revient pas.

Mais qui a tué Florence ?
Doumé son amant ? Noëllie la femme trompée ?
Yvan l’extra-terrestre ?
Le baoul lui il sait.
Ses rêves. Mais personne qui le croyait.

Qui est le plus fou ?
Celui qui pense l’être ou ceux qui accusent ?


• L’extrait :

« Je suis né comme tout le monde sauf que j’ai tué ma mère. »


• Mon avis :

Ce roman est désarçonnant dès les premières pages et tout à fait remarquable !
On pourrait ressentir ce même sentiment de rejet que les villageois.

Il est sale, un peu simple.
Et pourtant on se prend à l’aimer. On a envie de l’écouter. De se mettre comme entre deux volets entrebâillés pour savoir.

Le suspens jusqu’à la dernière page reste entier.

Un véritable talent de l’auteure Julie Estève que de savoir si bien mener le récit au travers des mots désordonnés d’Antoine Orsini.
Et puis il y a cette poésie déposée sur les doigts souillés.
Cette tendresse comme un baiser sur la pauvre vie violentée du baoul.

Ce roman est le témoin des drames sociaux.
Une comédie humaine.
Les manques des uns qui se transforment en crimes salutaires
Les erreurs des autres qui se transforment en châtiment d’une vie.
Des drames impunis.
Quand la vie enferment les âmes.


• L’auteur :

Julie Estève

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*Julie Estève est Titulaire d’un DEA d’Histoire de l’Art à l’Université Paris IV-Sorbonne (2004), Julie Estève est journaliste spécialiste d’art contemporain.
Elle est auteur de catalogues d’exposition, de contes pour enfants.
« Moro-sphinx » (2016) est son premier roman.

*Source : Babelio


• Références :

  • Simple
  • Auteur : Julie Estève
  • Maison d’édition : Éditions Stock
  • Date de publication : 22 août 2018

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