Hiver à Sokcho

• Le mood :

Un récit poétique qui vous emporte dans un petit village de Corée du sud, sur les traces d’âmes seules et perdues.
Le froid, la délicatesse, les corps, la nature. Un beau voyage.


• L’histoire :

Un hiver à Sokcho.
Petite ville portuaire de la Corée du Nord.
Un froid qui vous glace.
Ses échoppes de poissons, ses odeurs et ses femmes qui travaillent durement.

Un touriste français fait alors son apparition.
Passe la porte décrépite d’une vieille pension tenu par le vieux Park.
La narratrice, une jeune femme coréenne y travaille et l’accueille.
Il s’appelle Kerrand.
Est dessinateur de BD et vient de Granville.
À ces lignes, mon cœur palpite. Je connais bien Granville.
Sa grève. Ses petites cabanes.

Cet homme est étrange.
Mystérieux.
Il hume les plumes avant de les tremper dans l’encre.
Il goûte et mâchonne les coins de son carnet.

La jeune femme voit son quotidien bouleversé par ce français.
Un français qui n’est pas sans lui rappeler ce père qui les a quittées.
Elle dont la vie se résume à cuisiner, faire le ménage et dormir avec sa mère le dimanche soir.
Une mère qui l’aimerait mariée à Jun-oh.

Qui gave sa fille de plats indigestes.
Un jeune homme égo-centrique qui veut devenir mannequin et se faire opérer.
Seule chance de réussir à Séoul…
Kerrand et la jeune femme nouent une relation faite de silences.

Chaque soir Kerrand donne vie à des femmes sur le papier et les recouvre de son encre les faisant disparaître.
La jeune femme épie dans l’embrasure de la porte.

Elle se sent perdue.
Elle aimerait exister à travers la plume de Kerrand.
Mais la place est prise, chaque soir, par cette femme qu’il dessine à la lumière de son encre.

Lui, qui tente de faire naître une histoire.
Dont le héros lui ressemblerait étrangement.
Lui, qui cherche ses voyages en des lieux où les âmes se perdent.

« Si la séparation n’avait pas eu lieu, j’aurais mangé un Choco Pie à l’emballage bleu, non pourpre. »

Ils entament alors un voyage en Corée du Nord.
Tout est gris.
Des femmes étranges et immobiles jonchent les routes.
Spectres du silence.
Des sons angoissants sortent de leurs bouches.
Elles s’accrochent aux corps de ceux qui sont libres.

Que cherchent-ils tous les deux ? L’amour ? Une terre ?
Kerrand donnera-t-il naissance à cette femme ?


• L’extrait :

« Derrière un comptoir, un mannequin de femme regardait devant lui dans un uniforme gris. Je m’en suis approchée. Battement de paupières. C’était vivant. »


• Mon avis :

Un beau premier roman.
Un récit subtil et délicat qui aborde avec poésie tout ce qui emprisonne les âmes.
Les empoisonne.
La jeune femme du roman semble clairement boulimique, même si ce n’est jamais évoqué.
La nourriture est extrêmement présente.
Élément nécessaire à la vie.
Comme la chaleur pour réchauffer les corps dans ce froid polaire.
Les frontières se dessinent au gré des pages.

Corée du Nord. Corée du Sud. Ces millions de morts.
Les barrières de la langues.
Cette langue, le français que la narratrice n’ose prononcer.
La nature est belle est vivante dans ce roman qui nous emporte et nous fait voyager.


• L’auteur :

Elisa Shua Dusapin

elisa
Elisa Shua Dusapin est une écrivaine franco-coréenne vivant en Suisse romande.
Née d’un père français et d’une mère sud-coréenne, journaliste radio en Suisse alémanique, elle grandit entre Paris et Zurich avant que sa famille s’installe, en 1995, à Porrentruy dans le canton du Jura en Suisse.

Elle obtient son baccalauréat en 2011 au lycée cantonal de Porrentruy et poursuit des études à la Haute école des arts de Berne où elle obtient un bachelor en écriture en 2014 de l’Institut littéraire suisse de Bienne. Elle poursuit ses études littéraires en obtenant un master de « français moderne » à l’université de Lausanne.

Elle est l’auteur de « M’sieur Boniface », un spectacle musical avec Thierry Romanens et le chœur d’enfants de Moutier et de la région Sakaziq.

Elle est également assistante de la metteuse en scène Maya Bösch, en 2014, avant de jouer comme actrice dans sa pièce « Les Exilées d’Eschyle » présentée au festival de la Batie à Genève en septembre 2015.

En 2016, Elisa Shua Dusapin publie son premier roman « Hiver à Sokcho » qui obtient de nombreux prix littéraires suisse et français (dont le prix Robert Walser, prix Alpha, et le prix Régine Deforges).

*Source : Babelio


• Références :

  • Hiver à Sokcho
  • Auteur : Elisa Shua Dusapin
  • Maison d’édition : Éditions Folio Gallimard
  • Date de publication : 16.08.2018

Un commentaire sur “Hiver à Sokcho

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