Faire mouche

• Le mood :

Si vous aimez les romans d’atmosphère, au style dépouillé ; avancer à tâtons dans un univers hostile et mystérieux, Faire mouche pourrait bien vous séduire.


• L’histoire :

Laurent retourne dans le village où il a grandi pour le mariage de sa cousine.
Encerclé par les montagnes. Vous voici à Saint-Fourneau.

Une ambiance sombre qui commence dans la nuit.
Une vieille maison figée dans le passé.
Une chambre et des mouches mortes sur le parquet.
Un lieu froid et rural.

L’épagneul et son bruit de chaîne.
Le vert couleur de pluie de l’herbe fraîche.
Le hameau désert et inhabité.
Un lac de vase.

Claire et lui ne dorment pas dans la même chambre.
Étrange me dis-je.
Un oncle qui va mourir fait son entrée…
Présentée à lui ; Claire devient Constance.
Plus étrange encore…

La mère.
Il en émane quelque chose de repoussant et sale.
Hostile. Sauvage.
Elle est aux aguets et finement armée pour déceler la moindre anomalie.
Tranchant le cou du lapin comme elle parle. Incisive et sèche.

Une ambiance, une atmosphère.

La mort omniprésente.
La maladie incurable de l’oncle.
Le père et la tante disparus.
Une charogne à la décomposition avancée.

  • Je n’ai pu m’empêcher de repenser à ce poème de Baudelaire que j’aime tant.
    Et cette image de vers grouillant qui m’avait tant saisie, enfant.

Une Charogne :

« Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,(…)
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves,(…)»

  • Quelque chose de monstrueux.
    Qui du lecteur ou des personnages fera mouche le premier ?

• L’extrait :

« Je préférais rester méfiant, car son instinct avait toujours été pour moi une sorte d’intelligence souterraine, larvée, qu’elle déployait sans qu’on s’en rende compte. Ou bien, si l’on s’en rendait compte, c’était trop tard. »


• Mon avis :

Un bon roman au style dépouillé, sombre.
Là où certains auteurs poussent loin la psychologie des personnages, Vincent Almendros ne nous donne que les éléments essentiels pour comprendre.
Préférant s’attacher au décor, pour ancrer plus profondément le sentiment de malaise du lecteur.
Du gris, de la pluie, un lac boueux dont la vase rend une odeur putride, une charogne au milieu de la forêt, le temps figé, une maison vieillie comme abandonnée…
Une construction parfaitement maîtrisée qui nous offre tout le suspens de la chute.

Un livre qui se lit d’une traite !


• L’auteur :

Vincent Almendros :

Vincent almendros.png

Vincent Almendros fait des études de lettres à la faculté d’Avignon avant de commencer à écrire de la poésie et de la littérature en prose. Il envoie, pour conseils, son premier roman achevé, « Ma chère Lise », à Jean-Philippe Toussaint qui, l’appréciant, l’introduit auprès d’Irène Lindon aboutissant à sa publication en 2011.

En 2015, son deuxième roman « Un été », très apprécié par la critique reçoit le prix Françoise-Sagan en juin 2015.

En 2018, il publie « Faire mouche ».

*Source : Babelio


• Références :

  • Faire mouche
  • Auteur : Vincent Almendros
  • Maison d’édition : Les éditions de Minuit
  • Date de publication : janvier 2018

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