La vie parfaite

Le mood :

Un livre enragé et bouleversant sur les questions de la maternité et de la place du père, sur les questions des inégalités sociales en Italie (et plus globalement), nos origines, le poids du passé sur l’enfant, sur cette quête de la vie parfaite que nous poursuivons tous. Cette question lancinante : qu’est-ce qu’une vie parfaite ? Serais-je plus heureux si … ?


• L’histoire :

La vie parfaite.
La chercher de toutes ses forces sans jamais la trouver.
La chaleur écrasante du bêton fumant dans ces rues italiennes.
Un quartier à la dérive, de ceux qui contaminent les âmes.
Où rien de bien ne semble grandir. Et pourtant.
Les cris des femmes dans les tours, les odeurs qui s’échappent des cuisines
Le silence qui dissimule ses secrets. Des coups, des blessures, des passés trop lourds.
Tout se sait dans le quartier de Labriola.

Nous sommes lundi de Pâques.
Adèle, 17 ans, part accoucher sous X, seule.
Elle ne veut pas qu’il sorte.
Elle ne veut personne à son chevet.
Elle accueille la douleur.
On ne pourra pas lui enlever. Elle la choisit.
Ce cri déchirant du doute.

« Laisse-la moi un peu sur le ventre après. »
« Me la prends pas tout de suite, s’il te plait. »

Abandonner cet enfant pour lui donner une chance ?
Ou le garder pour soi ?

Un monde où les pères n’en sont pas.
Des fuyards et des voyous.
Les mères se fardant de leur courage chaque matin.

« Un homme n’est pas équipé pour être père. »

« Les pères ça n’existe pas. »

Entendre ce cœur. Seule. Pour la première fois.
Ne pas le connaître mais ne plus pouvoir vivre sans lui.
Vouloir le protéger, le lui promettre.
Vouloir retrouver sa vie d’avant puis le sentir dans son ventre.
Laisser son corps prendre toute la place.

Repartir le corps creux, le corps vide de lui.

Plus rien. Plus rien d’autre que ce corps qui ne se refermerait jamais.
L’avoir aimé 9 mois.

L’arrachement.
Quel est le pire des vides ?

« Elle le savait, quelqu’un qui t’abandonne te laisse un vide en héritage. Ça reste là, entre les côtes (…) »

Peut-on vivre sans cet autre ?

« Elle ne s’était lavé ni les dents ni les cheveux. Elle l’avait abandonné pour toujours. À dix-huit ans elle était devenue vieille. »

 Des destins qui basculent. Des avenirs qui s’annulent.
Les personnages se croisent, leurs origines sociales aussi, sans jamais s’atteindre.
Quartier chic, Dora et Fabio tentent depuis 5 ans d’avoir un enfant.
L’espoir de la vie en elle qui se dérobe à chaque nouveau test.

« L’irréparable absence d’enfant. »

Vouloir porter la vie.
Vouloir avoir des nausées, enfanter, allaiter.
Se résigner. Comprendre enfin qu’elle ne voyait plus que ça. Ce désir, cette obsession ardente.
Se blesser pour apaiser sa propre douleur.
Tout détruire puisque rien ne vient. Que rien ne va.
Le couple en éclats.

Cette vie des autres se heurtant s’en arrêt à la sienne.
La misère des uns jumelle de celle des autres.
Décider d’adopter.

Accepter l’autre dans toute son histoire. Dans toute son inconnue.
À partir de quand devient-on parent ?


• L’extrait :

« Elles vivaient toutes les deux un temps qui n’existait pas. Qui n’était pas enregistré, pas officiel. Elles étaient encore libres d’être inséparables. »


• Mon avis :

Un roman comme un cri féroce, terrible.
Silvia Avallone accouche d’un livre sous une plume prodigieuse et enragée.
À sa lecture j’ai été complètement bouleversée. Un océan.
Je me suis imaginée ce ventre vide après avoir tant aimé.
Cette réalité qui nous frappe, nous attrape et ne nous lâche plus.
Celle de nos conditions sociales qui s’observent sans jamais se toucher.
Cette question de l’avenir que l’on offre à ces enfants des quartiers.

Cette obsession de la vie parfaite qui nous touche tous quelques soient notre appartenance.

Cette place du père trop souvent inoccupée ou délaissée dans ces quartiers où les femmes s’arment de courage pour tenir la place de toute une famille.
Les sujets qu’abordent l’écrivain sont au cœur de nos vies. Elle place l’avenir de tout un pays mais bien plus entre ces lignes qui témoignent d’histoires mêlées qui auraient pu être les nôtres.
Il fait partie de ces livres que je n’oublierai pas.
Ces personnages si réels, si vivants qu’ils vous habitent trois jours durant.
C’était dur de les laisser. C’était dur de refermer ce livre…


• L’auteur :

Silvia Avallone :

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Silvia Avallone, avant d’étudier la philosophie à Bologne, a vécu en Toscane, à Piombino, la ville industrielle qui sert de toile de fond à « D’acier » (Acciaio).

À 25 ans à peine, son premier roman, « D’acier », la propulse en tête des meilleures ventes en Italie (350 000 exemplaires). Célébré par la critique, traduit dans 12 pays, en cours d’adaptation au cinéma, il a été finaliste du prix Strega et couronné par le prix Campiello Opera Prima.

En juin 2011, elle est lauréate du prix des lecteurs de L’Express.
Liana Levi publie « Le lynx » en 2012 dans sa version poche Picccolo. L’adaptation cinématographique du roman est réalisée par Stefano Mordini. En 2012, le film est présenté à la Mostra de Venise.

Son second roman, Marina Bellezza (it), paraît en 2013. L’année suivante, il est traduit en français par Françoise Brun et publié par Liana Levi.

*Source : Babelio


• Références :

  • Quatre murs et un toit
  • Auteur : Camille Anseaume
  • Maison d’édition : Calmann Levy
  • Date de publication (France) : Mars 2018

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