Quatre murs et un toit

Le mood :

Un livre habité d’une nostalgie heureuse. On replonge avec l’auteure dans ses souvenirs d’enfance, mais également les nôtres. Car nous avons tous en nous cette mémoire de la maison qui nous a vu grandir. L’écho de ses souvenirs vient raviver les nôtres avec une douceur teintée d’humour.


• L’histoire :

Les parents de Camille vont vendre la maison qui l’a vue grandir avec ses frère et sœurs.
Elle profite de leur absence pour revenir, seule, sur les traces de leurs souvenirs.

Poser sa valise.
Laisser les murs chuchoter, lui raconter son histoire.
Celle des objets, celle des premières bêtises, celle des premiers chagrins,
Tous ces souvenirs emmurés là.
Réentendre les rires de cette grande famille.

Puis ses silences, qui crient tant de choses.
Détester les futurs propriétaires.
Les secrets volés de l’enfance que l’on retenait ici.

Parce qu’être adulte parfois c’est quitter.
Parce que s’arracher d’un lieu que l’on aimait c’est aussi dur que de laisser quelqu’un sans se retourner.

Si l’encre n’immortalise pas les odeurs, elle peut réécrire l’enfance.
Les traces qui parcourent les murs.

72alléedelaprimevère. C’est ici.
Le banc près du chauffage qui a vu tant de manteaux passer.
Les premiers traumatismes d’enfance.
L’escalier, le couloir, le dressing…

Détailler le salon comme on détaille un mot que l’on répète à l’infini.
Vouloir tout garder en mémoire, ne rien oublier.
Regarder vraiment pour la première fois.

Se dire que les habitudes balayées laissent apparaître la vérité des lieux.
Ils nous atteignent enfin, alors qu’ils ont toujours été là, sous nos yeux.

Ressentir la distance entre les parents.
Ces guerres froides qui tapissaient le salon.

« Des meubles qui ne vont pas ensemble, des carafes-pénis qui côtoient des pendules sous cloche, des actes nobles qui n’en sont pas, de la bourgeoisie qui se cogne contre son propre refus (…) »

Les disputes dans la cuisine.
Les tensions autour de la table.

Les limites entre le monde des adultes et celui des enfants.
L’odeur ingrate de la chambre des parents.
Guetter le moindre secret maternel.

« Avant, elle mettait Eau de Rochas, mais elle a arrêté quand je lui ai dit que ça avait l’odeur des bébés morts et des mamans qui pleurent tout le temps. »

« J’adore tout ce qu’elle aime. J’adore par-dessus tout qu’elle me le dise. Je raffole des rares fois où elle ouvre, comme ça, une fenêtre sur elle, et qu’elle me dit en secret un peu de ce qu’elle est. C’est quand même pas croyable de parler autant et si fort, et de dire si peu de soi. »

Camille redécouvre. Et a peur, aussi, de cette maison qui a vieilli.
Les bruits du soir, les bruits du noir.

« Je saisis un vase en verre sur la table de chevet. Mais je n’ai pas très envie de me battre avec un verre aujourd’hui. »

Se souvenir du cœur tendre de sa petite sœur alors qu’on le maltraitait.
Les vacheries de gosses qui nous serrent aujourd’hui le ventre.
Se dire que finalement on préfère nos 30 ans à nos 10 ans.
Les premières culpabilités de jeune maman.

« Grandir, c’est avoir tous ces âges en même temps. »

Puis se dire qu’il faut la laisser partir.
La quitter vraiment.
Se demander si elle nous en veut.
Ne rien lui montrer.
Partir comme avant.
Fermer la porte, comme si on allait la franchir, une fois encore.

« Si partir, c’est mourir un peu, écrire, c’est aussi partir un peu. »

 


• L’extrait :

« Il ne me reste plus que quelques semaines pour grandir, me construire, et me sentir chez moi en moi. Niveau timing, on est large. »


• Mon avis :

J’aime ces livres empreints de nostalgie heureuse.
Camille Anseaume revient sur ce qui construit notre maison de toujours. Tous ces souvenirs emplis d’objets, de lieux, de rires, de pleurs, d’interdits bravés, de peurs…
Cette maison qu’il nous a tous fallu quitter un jour. Parfois pour toujours.
Cette maison qui pourtant ne meurt jamais tant qu’elle reste dans nos cœurs.
Se dire que l’on peut y retourner, qu’il nous suffit de fermer les yeux pour faire resurgir les odeurs.

L’auteure raconte tout cela autour d’une construction sous forme de liste des lieux de la maison de son enfance. Un récit entrecoupé de ses pensées, ses questions avec cet humour qui nous donne envie de ne plus le lâcher.

Je l’ai lu d’une traite, c’était bon, c’était tendre, c’était drôle.

Un roman bercé d’enfance que l’on ne quitte jamais vraiment.
Car après tout qu’est-ce qu’être adulte ?
L’est-t-on un jour vraiment ?


• L’auteur :

Camille Anseaume :

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Camille Anseaume est journaliste et écrivain.

Elle tient également le blog Café de filles, élu blog coup de cœur de la rédaction de Elle. Journaliste passionnée de mode, décoration, elle est auteur de plusieurs livres pratiques dont « Le rangement malin » (2013).

Deux ans après « Un tout petit rien » (2014), Camille Anseaume sort son second roman, « Ta façon d’être au monde » (2016). La lauréate 2012 du prix e-crire aufeminin confirme son talent d’écrivain avec cette histoire d’amitié teintée de nostalgie.

 

*Source : Babelio


• Références :

  • Quatre murs et un toit
  • Auteur : Camille Anseaume
  • Maison d’édition : Calmann Levy
  • Date de publication (France) : Mars 2018

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