Celui qui disait non

• Le mood :

Bon.
Si vous êtes un tant soit peu sensible, si vous avez des enfants, si vous n’êtes pas « Pumpelup » en ce moment, si c’est déjà assez gris comme ça…passez votre chemin. Pour les autres, c’est en votre âme et conscience…


• L’histoire :

Je suis celle qui dit non…
Je n’ai pas lu l’intégralité de ce livre mais suis allée jusqu’à la page 155.
S’il ne m’avait rien fait, ce livre, je me serais abstenue.
Mais je tenais à vous donner mon avis et vous dire pourquoi.

Cette histoire, c’est celle d’August et Irma.
Une histoire d’amour entre un nazi et une jeune juive.
Je suis donc intriguée et très curieuse de connaître leur destin.
Leur amour.
Mais c’est aussi, en toile de fond, l’histoire de l’auteure.
Et jusqu’à la page 55, beaucoup de digressions personnelles…

Cette narration, j’avais envie qu’elle se concentre sur le couple.
Je trépigne. M’agace, mais je continue.
Je me dis que le sujet est beau.

D’une photo, l’auteure retrace l’histoire.
August fait partie de ceux qui allaient être envoyé au bord des fosses.
Non pas pour y mourir mais pour y tuer.

« Une bricole » a tout changé.
Irma.
Le 13 juin 1936,

Sur le chantier naval de Blohm + Voss, il refusera de saluer Hitler.
Ou quand la petite histoire est contenue dans la Grande.
Ils se sont aimés sous un saule pleureur.
Se sont reconnus. Ils ne se quitteront plus.

Et pourtant.
En 1935 ils n’ont déjà plus le droit de s’aimer. Nuremberg. Aryen et juif. L’impur.
Ils ne pensaient pas. Qui aurait pu imaginer.

Depuis 5 ans August avait sa carte au parti nazi.
Le 30 juillet c’est la cour criminelle.
Plus d’Irma.
Leur fille ; Ingrid, ne se souviendra pas de son père.

Un deuxième enfant ; Irene, en son ventre.
Qu’ils ne verront plus jamais.
C’est la Nuit de Cristal.
Irene a un an. C’est l’orphelinat public.
Et là ce sont trois pages innommables d’horreurs.
Horreurs, tortures perpétrées sur un bébé par les SS.
Trois pages pendant lesquelles je tremble.

Horreurs appuyées du rapport médico-légal.
Faut-il tout décrire ?
L’auteure en semble convaincue.
Écrivant que sinon nous n’aurions qu’une « intuition
de l’horreur ».

Je ne suis pas d’accord.
Il n’y a pas « d’intuition de l’horreur ».
Nous la savons.

Je suis impuissante.
Horrifiée.
Mon estomac roué de coups.
Mon ventre déchiré…J’imagine cet enfant.

Je referme le livre.
La nausée jusqu’au petit matin.
J’aurais pu l’aimer cette histoire.
Mais impossible après ça.
J’ai presque eu ce sentiment d’une scène voyeuriste.
Et j’en ai été très mal à l’aise…

Voilà. C’est un ressenti très personnel bien évidemment.
Je voulais simplement partager mon avis. Parce que finalement c’est intéressant aussi.
J’imagine que ce livre plaira à beaucoup d’autres.
Mon cœur n’a pas supporté.


• L’extrait :

« Dans quel ordre cela se passe-t-il : devient-on courageux par amour, ou bien amoureux parce qu’on en a le courage ? »


• Mon avis :

Ce livre était une découverte dans le cadre des 68 premières fois.
Je ne regrette pas de l’avoir découvert quoi qu’il en soit.

Exceptionnellement je ne remets pas ici d’avis.
Ayant exprimé plus haut mes sentiments vis-à-vis de cette lecture.
J’espère avoir pu éviter un moment douloureux aux plus sensibles.
Et je suis curieuse également de lire d’autres avis que le mien sur ce livre.


• L’auteur :

Adeline Baldacchino

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*Adeline Baldacchino, née le 1er mars 1982 à Rillieux-la-Pape, est une femme de lettres et poétesse libertaire française.

Elle étudie la philosophie et l’ethnologie et publie ses premiers textes, en prose et en vers, dans les années 2000 (aux éditions Clapas et dans des revues de poésie : Ouste !, Comme ça et autrement, L’Oreillette, Parterre verbal, Pris de peur, Hématomes crochus, Le Cri d’os, 22 montée des Poètes, L’Arbre à paroles, Faites entrer l’infini, Recours au poème…). Elle anime dans le même temps l’émission Peaux de poèmes sur Divergence FM, à Montpellier, et lit publiquement des textes.

Elle poursuit un cursus en sciences politiques. Diplômée de l’ENA en 20091, elle intègre comme magistrate la Cour des comptes, tout en menant des missions pour l’Organisation internationale de la francophonie ou pour l’Agence spatiale européenne.

En 2013, elle publie Le Feu la Flamme aux éditions Michalon : une biographie poétique de Max-Pol Fouchet. Un an plus tard, elle fait paraître Fragments inédits, de Diogène de Sinope, aux éditions Autrement. Puis, dans un texte inspiré de George Orwell, sort un « réquisitoire positif5 » contre l’ENA : La Ferme des énarques, toujours chez Michalon. Son recueil 33 poèmes composés dans le noir (pour jouer avec la lumière) paraît en septembre 2015 aux éditions Rhubarbe. Elle conduit le séminaire de poésie contemporaine à l’Université populaire de Caen et organise, depuis l’automne 2015, des rencontres mensuelles de poésie au Théâtre des Déchargeurs, à Paris, en partenariat avec le Printemps des poètes. Elle propose en 2016, avec Michel Onfray ou l’intuition du monde (éditions Le Passeur), une lecture poétique du philosophe normand et travaille avec Patrice Franceschi à la parution de son manifeste Combattre !, en mars 2017.

Elle publie en septembre 2017 un nouveau recueil de poèmes, dédié à sa mère, 13 poèmes composés le matin (pour traverser l’hiver), aux Éditions Rhubarbe.

Son premier roman, Celui qui disait non, paraît en janvier 2018 chez Fayard. Il relate l’histoire vraie d’August Landmesser, l’homme qui refusa de faire le salut hitlérien sur un quai de Hambourg en 1936, et d’Irma Eckler.

Elle revendique régulièrement, dans ses écrits, son ancrage philosophique et politique libertaire.

*Source : Babelio


• Références :

  • Celui qui disait non
  • Auteurs : Adeline Baldacchino
  • Maison d’édition : Fayard Editions
  • Publication : Décembre 2017

3 commentaires sur “Celui qui disait non

      1. J’ai le coeur un peu tendre si, mais je travaille sur l’histoire de la Shoah donc il fait partie des pautions de l’année auxquelles je dois me confronter. 😉 Mais ça ne rend pas les choses faciles pour autant, jamais. 😉

        Aimé par 1 personne

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