Une vie sans fin

• Le mood :

Si vous avez envie de pouvoir parler transhumanisme au dîner et de la fin de l’Homo Sapiens en nourrissant votre cerveau de plein de découvertes scientifiques en cours, et tout cela, en gloussant, vous êtes au bon endroit ! C’est par ici.


• L’histoire :

Rire dès la première page. Beigbeder, ou le seul mec capable de citer Ben Laden en épigraphe. Ça, c’est fait ! Il semblerait que le rire rallonge la vie de quelques années…n’hésitez plus.

Ce livre c’est l’histoire de Frédéric, animateur du Chemichal Show, une émission complètement dingue sur Youtube. En quoi ça consiste ? Ses célèbres invités doivent choisir une drogue au hasard (Métadone, LSD, Xanax…) pour s’engueuler, marcher à quatre pattes durant tout le reste de l’émission.

La vie le rattrape malgré lui, malgré son succès et l’argent. Cinquantenaire, il est assailli par la superficialité de sa vie…mais de celles des autres aussi.

C’est aussi l’histoire de Romy (sa fille), Léonore (sa compagne), Lou (sa seconde fille) et un petit robot bibendum plastifié nommé Pepper.

C’est ainsi qu’il aborde avec nous son rôle de père, qu’il conçoit comme complètement raté. Son besoin de communication avec sa progéniture, Rommy est entravé par le smartphone. Aliénation de notre siècle. Il voit en notre besoin toujours plus grand de réaliser des selfies un véritable principe narcissique « d’auto-promotion permanente ». Ne froncez pas le nez, on le fait tous. Si, si, vous êtes un selfiste !
Peut-être même doté d’une perche…un selfiste perchiste ?

Bref, le mot est lancé, nous sommes entrés dans une guerre mondiale selfique. Une question très intéressante est soulevée, le fait de vouloir apporter la preuve de ce que l’on a vécu, plutôt que de le vivre pleinement.

« Aimons-nous nos enfants uniquement par narcissisme ? Un enfant est-il un selfie vivant ? »

Un homme en pleine crise du quinqua pommé dont tous les anciens potes de soirée se sont mis au véganisme et boivent de l’eau plutôt que de la tequila.

Vieillir c’est râler, avoir mal tout le temps quelque part.

« Durant des siècles, l’homme a combattu dans des guerres héroïques ; au XXIe siècle, la lutte contre la mort prend une autre forme, celle d’un type en short qui fait de la corde à sauter. »

Objets connectés, sport, légumes, surveillance des poils blancs, tout y passe et tout est bon pour trouver une solution à la fatalité même de mourir.

Ils ne mourront pas. Il embarque Romy dans sa nouvelle quête obsessionnelle et part à la rencontre des plus grands scientifiques transhumanistes de ce monde.

« La mort est un truc de paresseux, il n’y a que les fatalistes pour la croire inéluctable. Je déteste les résignés au macabre (…) »

« Tout mort est avant tout un has been »

On passe donc par la Suisse ; une clinique du génome où il séquencera son ADN. Par la science du clonage en Chine, la rencontre du ponte de la recherche sur les cellules souches à Jérusalem, pour finir dans un centre de détox postnazi et de transfusion à lumières lasers en Autriche. Un centre où les gens paient pour ne rien manger…

Lui qui était complètement athée se perd en route et devient catholique, trouvant un certain réconfort dans la croyance en un au-delà possible.

Parce que…« L’Église c’est le SPA de l’âme ».

Bref, je vous expose là le côté un peu fantasque du livre. Mais on y apprend réellement des choses très intéressantes sur nos avancées en sciences et dans notre recherche contre le vieillissement, les vies bioniques, l’ADN et les intelligences artificielles.
En refermant le livre, il est impossible de ne pas en parler autour de soi, débattre, se projeter dans un futur incertain où l’Homo Sapiens tel qu’on le connaît, pourrait bien disparaître.


• L’extrait :

« Le selfie est le langage nouveau d’une époque narcissique : il remplace le cogito cartésien. « Je pense donc je suis » devient « Je pose donc je suis ». »


• Mon avis :

J’émets quelques doutes sur le fait que Beigbeder ait écrit ce bouquin en ayant suivi les conseils de son entourage et de son médecin ; c’est à dire se mettre à la laitue et l’eau minérale en mangeant des radis plutôt qu’en gobant des amphètes.
Mais j’ai ri. C’est certain. Beigbeder est brillant, ça l’est encore plus. J’ai tout de même eu cet étrange sentiment au fil de la surenchère de blagues d’un de mes auteurs chouchous, qu’il finissait presque par se cacher derrière tout cet humour. Comme pour mieux dissimuler une peur réelle et dévorante de disparaître, et tomber dans l’oubli. Tous ces sujets de la mort, de la paternité, il les aborde avec nous sous le spectre du rire mais j’en ressens beaucoup de sincérité, ce qui est d’autant plus touchant. J’aurais presque aimé à un moment, qu’il se laisse aller à se livrer un peu plus. Sans imaginer ce personnage loufoque qui se rit de tout. Parce qu’après tout. Nous sommes tous égaux face à la peur de la mort.
J’ai un peu moins adhéré à la dernière partie mais pour le reste, c’était du grand Beigbeder !


• L’auteur :

Frédéric Beigbeder

* Frédéric Beigbeder est un critique littéraire, éditeur et écrivain français. Le style d’écriture de Frédéric Beigbeder obéit aux codes du dandysme maniant l’humour et l’autodérision.

En 1990, âgé de 24 ans, il publie son premier roman, « Mémoires d’un jeune homme dérangé ».

En 1994 paraît son deuxième roman, « Vacances dans le coma », puis en 1997 « L’amour dure trois ans », qui clôt la trilogie de Marc Marronnier.

Suit un recueil de nouvelles chez Gallimard en 1999, « Nouvelles sous ecstasy ».

L’année suivante, Beigbeder est licencié pour faute grave de chez Young & Rubicam peu après la parution de son roman satirique « 99 francs », qui épingle les travers de la publicité. Ce roman a été adapté au cinéma par Jan Kounen en 2007.

Frédéric Beigbeder anime les sections parallèles dans le Grand Journal de Cannes en 2008. Il y présente ses coups de cœur cinématographiques.

Frédéric Beigbeder fonde le Prix de Flore en 1994 et préside son jury depuis lors. Il créé également le Prix Sade en 2001 avec Lionel Aracil et siège dans le jury du Prix Décembre.

Il a obtenu en 2003 le prix Interallié pour « Windows on the World » et en 2009, le prix Renaudot pour son livre « Un roman français ».

*Source : Babelio


• Références :

  • Une vie sans fin
  • Auteurs : Frédéric Beigbeder
  • Maison d’édition : Grasset
  • Publication : octobre 2017

2 commentaires sur “Une vie sans fin

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