Toutes les familles heureuses

• Le mood :

Si vous avez besoin de rire, de dédramatiser sur certaines choses de la vie, ce livre est parfait.
L’écrivain vous embarque dans les aventures rocambolesques de son histoire familiale. C’est piquant, drôle et ça fait du bien !


• L’histoire :

« On n’échappe jamais à ce qui nous a manqué. »

Voici le récit tragi-comique de la famille d’Hervé Le Tellier.

Si l’on suit à chaque nouveau chapitre un élément nouveau de la famille de l’auteur, c’est pourtant sa mère que l’on retrouve entre chaque ligne. Ce manque fondamental, spectral. Ce vide qui amène l’auteur à dire que son thème d’écriture, face à d’autres auteurs tels que Gary, Cohen ou Mauriac, est le RIEN.

Une mère instable depuis sa plus tendre enfance, détachée du monde, dépressive et quittée par son mari pour sa secrétaire, au lendemain de son accouchement. N’aimant personne et critiquant tout le monde, elle a également développé une jalousie maladive pour sa sœur allant jusqu’à imaginer qu’elle avait eu une liaison avec son mari. Ce qui donne lieu à des scènes plutôt cocasses.

« C’est alors que j’ai su que j’étais un monstre. »

Cette phrase ponctue plusieurs fins de chapitres. H. le Tellier raconte avec cette distance qui génère le comique, comment il accueilli froidement la nouvelle de la mort de son père, puis celle de son grand-père. Comment il ne s’est jamais attaché à demi-sœur qui le prenait pour un frère, qu’il n’a assurément, jamais voulu être pour elle.

On plonge avec l’auteur dans la folie d’une mère sans filtre. Une folie qui effraie autant son fils que son mari. Une colère tenace qui se déclenche à la moindre contrariété. Une déferlante de phrases paranoïdes.
Une peur justifiée par ce fils dont la mère, à la moindre contradiction, pouvait remettre entièrement en cause l’amour qu’elle lui portait.
N’est-ce pas cela ma vraie folie ? L’attachement à RIEN. Le détachement de TOUT ?

L’écrivain nous interroge : l’amour filial existe-t-il vraiment ?
Ou se sent-on obligé de ressentir cette amour pour sa famille parce qu’elle nous a élevé parmi les siens ?
Personnage entier, l’auteur intitule même un de ses chapitres « ma sœur la pute. » Couillu. Oui vraiment !


• L’extrait :

« Elle se mit à scotcher dans son appartement des dizaines de notes, enveloppes, dépliants publicitaires. Elle y écrivait « Je ne veux pas de Raphy LA PUTE à mon enterrement. JE LA MAUDIS ! » Les capitales étaient incluses. Par chance, ma mère ne savait pas twitter. »


• Mon avis :

Un livre qui fait du bien. Parce que son auteur nous fait rire malgré le sérieux du sujet.
On sent le profond besoin de l’auteur d’en découdre avec la vérité. Beaucoup de mensonges du côté maternel. Il force les détails retraçant chaque incohérence qui lui aurait été racontée sur son enfance. H. Le Tellier règle ses comptes avec la vérité trop longtemps maquillée.
Il tente de rassembler ses souvenirs comme on retrace au crayon les points d’un dessin.

« Une pensée me bouleverse : puisque je me souviens désormais de faits antérieurs à ce jour précis, c’est que j’ai un passé, et que donc j’existe. Une sorte de « je me souviens donc je suis. »

Et si ce livre n’était autre qu’une tentative pour enfin se trouver lui, de se prouver la réalité de son existence.


• L’auteur :

Hervé Le Tellier
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*Auteur de romans, nouvelles, poésies, théâtre, Hervé Le Tellier est aussi l’auteur de formes très courtes, souvent humoristiques, dont ses variations sur la Joconde. Il a été coopté à l’Oulipo (Ouvroir de Littérature Potentielle) en 1992 (simultanément au poète allemand Oskar Pastior), et a publié sur l’Ouvroir un ouvrage de référence : Esthétique de l’Oulipo. Il participé à l’aventure de la série « Le Poulpe », avec un roman, La Disparition de Perek, adapté également en bande dessinée.
Mathématicien de formation, puis journaliste — diplômé du Centre de formation des journalistes à Paris (promotion 1983) — il est linguiste et spécialiste des littératures à contraintes. Éditeur, il a fait publier plusieurs ouvrages au Castor Astral comme What a man !, de Georges Perec, et Je me souviens de « Je me souviens », de Roland Brasseur.
Avec d’autres artistes et écrivains, comme Henri Cueco, Gérard Mordillat, Jacques Jouet, et Jean-Bernard Pouy, il participe depuis 1991 à l’émission Des Papous dans la tête animée par Bertrand Jérôme et Françoise Treussard sur France-Culture.
Il collabore quotidiennement, depuis 2002, à la lettre électronique matinale du journal Le Monde, par un billet d’humeur intitulé Papier de verre.
Il est enfin, avec Frédéric Pagès, l’un des fondateurs des Amis de Jean-Baptiste Botul (1896-1947), philosophe de tradition orale

*Source : Babelio

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